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Blog gastronomique recettes histoire de la cuisine. Les histoires, les gens, les recettes, les produits, photos et films. Découvrir, répondre aux questions et montrer la cuisine ou la vie d'ailleurs

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Potager du Roi première partie

 

Potager du Roi première partie

1678 - 1683 Avec La Quintinie, du marais à la table du roi.

Château de Vaux le Vicomte 

de l'intendant Fouquet

Louis XIV, le Roi-Soleil, souhaite un palais à sa mesure. 

En 1661, après l’insolente magnificence de la fête offerte

 

par son surintendant des Finances, Fouquet, 

à Vaux-le-Vicomte, le roi affirme sa puissance. 

Il fait emprisonner Fouquet et s’attache les artistes 

qui avaient réalisé Vaux.

Sous sa direction attentive, les meilleurs artistes de l’époque 

vont faire de Versailles la première cour d’Europe. 

Connu pour ses compétences dans le domaine 

des jardins fruitiers et potagers, La Quintinie est chargé 

de fournir en fruits et légumes la table du roi.

 

Le potager de Louis XIII est son premier terrain d’expérience 

à Versailles.

Le potager du roy 

La Quintinie fit si bien qu’il fut nommé en 1670

“Directeur des jardins fruitiers et potagers des maisons royales”.

Jean-Baptiste La Qintinie Botaniste et jardinier des rois Louis XIII et Louix XIV dans son Potager du roi. 

La cour devint plus importante, il fallut agrandir le potager, 

et l’on dut choisir un nouvel emplacement. 

Malgré l’avis de La Quintinie, le potager fut établi près 

de la Pièce d’eau des Suisses, “dans une situation commode 

pour les promenades et la satisfaction du Roi”.

Des travaux gigantesques…

Les travaux s’échelonnèrent entre 1678 et 1683 

et leur coût atteignit une somme considérable, 

plus d’un million de livres.


En effet, il fallut assécher une zone marécageuse appelée

“l’Etang puant”. 

On draina donc le sol au moyen d’un grand drain auquel 

se rattache un important réseau de pierrées. 

On combla ensuite avec les déblais de la Pièce d’eau des Suisses. 

Pour améliorer la terre, qui était “de la nature de celles 

qu’on voudrait ne trouver nulle part”, une machine ingénieuse 

transporta de bonnes terres depuis les collines de Satory.<o:p></o:p>

Les travaux se poursuivirent ensuite selon le tracé

 

de La Quintinie, Mansart réalisant les maçonneries,

 terrasses, murs...<o:p></o:p>

Aujourd'hui peu de changements par rapport à l'original.

Le plan du Potager du roi actuel a peu changé par rapport 

à celui de La Quintinie.

Plan actuel du potager du roi

Le Grand Carré est composé de seize “carrés”

16 carrés de légumes disposés autour d’un grand bassin, 

entourés d’arbres en  buisson. 

Une terrasse domine l’ensemble, offrant au roi 

et à ses visiteurs une vision théâtrale des cultures 

de fruits et de légumes et des jardiniers.

Tout autour du Grand Carré, derrière de hauts murs, 

vingt-neuf jardins clos abritent arbres fruitiers, 

en forme libre ou conduits en espaliers, 

légumes et petits fruits.<o:p></o:p>

L’ensemble forme une succession de jardins en creux, 

dont les murs et les terrasses multiplient les expositions 

et les micro-climats, afin d’étaler les productions.

 

En effet, à partir de 1683, La Quintinie va faire 

du potager de Versailles un jardin réputé : 

Sa maîtrise des techniques de culture lui permet 

de développer la production à contre-saison. 

La Quintinie poursuit ses expériences, afin d’améliorer

 le goût, l’aspect, la précocité des productions royales. 

Il acquiert ainsi une réputation immense, comme 

précurseur de la culture des primeurs, domaine dans 

lequel il réalise de véritables tours de force.


Louis XIV est un gourmet, et raffole des figues. 

Aussi La Quintinie va-t-il créer une Figuerie,

jardin en creux de plain-pied avec un grand bâtiment 

où il abritera les figuiers en caisse pendant l’hiver.

La Quintinie parviendra même à en offrir au roi 

dès la mi-juin et jusque fin octobre. 

Il avait réservé d’autres emplacements 

pour des cultures particulières :

La Melonnière, la Prunelaye, un jardin réservé aux fraises…<o:p></o:p>

 

… Jardin de production<o:p></o:p>

Dans les autres parcelles, il récoltait toutes sortes de fruits, 

en majorité des poires et des pommes, 

dont il recommande d’avoir, respectivement, une cinquantaine et une vingtaine de variétés, afin de présenter été comme hiver

les meilleurs fruits, comme la Bon-Chrétien d’Hyver. 

Les légumes aussi s’échelonnent tout au long de 

l’année grâce à de nombreuses variétés comme 

les seize sortes de salades, ou à des espèces 

pour chaque saison :

Nasturces, salsifis d’Espagne, potirons... 

La pomme de terre et la tomate seront introduites 

bien plus tard au Potager.<o:p></o:p>

 

Jardin laboratoire …<o:p></o:p>

Le Potager est en outre un véritable laboratoire expérimental : 

La Quintinie essaie différents procédés de taille, 

de traitements. 

De même, La Quintinie multiplie les variétés fruitières, 

mais dans le seul but de choisir les meilleures, 

et non pour en faire une simple collection.

Louis XIV aimait, dit-on, venir se promener au Potager.

Il y arrivait par la Grille forgée par Fordrin en 1681. 

Il remontait ensuite une allée, avant de découvrir, 

depuis la terrasse aujourd’hui abaissée en son milieu, 

le Grand Carré où s’affairaient une trentaine 

de garçons jardiniers. 

Louis XIV fit aussi les honneurs de son potager 

à d’illustres invités, dont les ambassadeurs du Siam, 

ou le doge de Venise.

Les prouesses de La Quintinie firent du potager 

de Versailles un modèle, au dire de ses contemporains, 

et enchantèrent les courtisans.

Le Potager du roi permet donc d’offrir au roi 

des fruits et légumes frais tout au long de l’année 

et lors des fêtes royales.

Il livre aussi régulièrement sa production 

au service de la Bouche, qui accommode les potages, 

entremets, beignets aux légumes, et prépare 

les pyramides de fruits... 

Les produits jugés indignes d’apparaître 

à la table du roi sont distribués aux indigents 

par un petit passage appelé le “Public”.

Ces passages permettent en outre de circuler

entre les jardins.

La Quintinie ne cesse donc, jusqu’à sa mort en 1688, 

de travailler et de veiller à ce que les cultures soient parfaites. 

Son collaborateur Nicolas Besnard reprendra le flambeau.

 

Nicolas Besnard

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