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Blog gastronomique recettes histoire de la cuisine. Les histoires, les gens, les recettes, les produits, photos et films. Découvrir, répondre aux questions et montrer la cuisine ou la vie d'ailleurs

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Une famille qui a bien grossit......................................Episode 23

 Gros Sel :

- « C’est simple : le grand, nous l’appellerons Bec d’anguille, l’autre feuille de chou, et le tout petit, moule à gaufre. La grande sera la goulue, et le petite sera la peste. Vous êtes d’accord ?

Le Docteur Melchior qui les a entendu :

- « Ce n’est pas gentil pour vos petits camarades leur dit le docteur. »

- « Il faut bien leur trouver un surnom pour les reconnaître, réplique Gros lard. »

Le Docteur Melchior

- « Je suis d’accord avec vous, mais vous auriez pu trouver autre chose. »

Ils se sont tous massés à l’entrée de la caverne.

Umaguma et le docteur sont en grande discussion. Umaguma explique au docteur ce qu’il a fait depuis qu’il est ici, ses soucis, ses problèmes, sa vie.

Les enfants se sont assis sur le sol, derrière le docteur, ils attendent la fin du conciliabule. Ils sont surtout très fatigués. Gros sel s’endort et Saucisse a faim. Bec d’anguille, et feuille de chou en ont assez de cette observation réciproque ?

Si leur Père et Melchior sont amis, ils ne risquent rien. Ils se lèvent, vont chercher quelques branches et les taillent avec un gros silex. Pierrot s’amuse à les regarder. Soudain, une idée lui traverse l’esprit. Il se lève à sont tour, prend une branche identique à celle de bec d’anguille, sort un couteau suisse de sa poche, l’ouvre et en quelques secondes taille la sienne et confectionne un superbe javelot. Son outil tranchant fait merveille. Il réalise trois lances avant que Bec d’anguille et Feuille de chou ne terminent la leur. Surpris, ils s’arrêtent pour le regarder travailler. La lame s’active, elle taille, entaille, amincie, coupe et recoupe. A la fin de la quatrième lance, Pierrot s’arrête et la tend à Bec d’anguille. Celui-ci la prend, et la lance au fond de la grotte. Elle suit un ligne horizontale puis elle se penche vers le sol et se pique dans la terre.

Onze paires d’yeux se fixent sur Pierrot et Bec d’anguille. Pierrot par gentillesse lui montre son couteau, l’autre le regarde. Il ne comprend pas, il ignore ce que c’est. Pierrot lui tend la main et lui dit :

-«  Prends le et essaye. »

Bec d’anguille ne comprend pas bien ce qu’il veut, mais curieux, il tend la main pour le prendre.

Le Docteur Melchior :

- «  Attention crie le docteur pas comme ça… »

Mais il est trop tard, Bec d’anguille a attrapé le couteau par la lame d’un geste brusque en la serrant très fort. La lame pénètre dans la peau et le coupe profondément. Il pousse un cri, retire sa main, le couteau tombe sur le sol. Il saigne.

Pierrot reste là, la paume des mains en avant, tremblante. Le sang coule la blessure est profonde. En un instant Pierrot, les enfants, le docteur, sont devenus l’ennemi, le mal, ceux qui ont fait couler le sang. Tous les Umagums en même temps font un pas en arrière en voyant le sang couler de la main de Bec d’Anguille. Ils saisissent leur sagaie, et s’apprêtent à tous les transpercer tous crus. Uma est même la première.

Uma :

Qui sont ces sauvages qui viennent de blesser gravement un de leurs enfants ? pense t’elle. Des amis d’Umaguma, mais c’est impossible.

Umaguma est dépassé par les évènements. Il ne comprend pas. Par réflexe, il pousse un cri qui arrête tout le monde. Mais ils restent tous là, main levée, la sagaie bien collée dans la paume de la main, prêts à massacrer ces intrus. Ils entourent les enfants assis par terre qui sont assisté à la scène impuissants.

Mais le Docteur a immédiatement compris, il regarde Uma, ses enfants et lève ses bras vers le haut de la caverne. Une flamme bleue et jaune  jaillit du bout de ses doigts, bien droite, guillerette.

Un Oh de respect sort de la gorge des petits sauvages, qui s’aplatissent sur le sol en forme de respect. Il n’y a que les Dieux pour posséder la puissance du feu.

Umaguma regarde le docteur, il est très impressionné. Il ne savait pas qu’il possédait cette puissance divine. La flamme s’éteint et le docteur range son briquet à gaz qu’il avait glissé subrepticement dans la paume de sa main.

Il fait relever tout le monde. Il ouvre son sac, sort sa première trousse d’urgence et avec un tricostéril et de l’eau oxygénée, soigne la coupure. Le sang s’arrête de couler et Bec d’anguille arbore au fond de sa main un superbe pansement. Il est fier de son décor et le montre à tout le monde.

Tous ses frères et ses sœurs l’envient. puis il se baisse, ramasse le couteau qui gît sur le sol en le prenant par le manche. Melchior les fait tous s’asseoir devant lui. Il leur explique que dans le pays d’où ils vient, ces outils sont courants, tout le monde s’en sert. Ils découpent ou ils tranchent. La lame est très dangereuse, il faut prendre l’outil par le manche. Il appelle Feuille de chou et le lui met dans la main. Ils ont bien, compris.

Il continue d’expliquer que ce couteau peut servir à autre chose. Avec la scie, il coupe un morceau de bois, avec le poinçon, il fait un trou, il lime, il découpe une autre feuille avec les petits ciseaux. Avec la pince à épiler, il s’arrache un cheveux ce qui fait beaucoup rire les enfants. Il le pose dans le creux de sa main, pose sa loupe dessus et le poil devient énorme, presque aussi gros qu’un vers. Il leur fait voir. Tous pousse un Oh de stupeur et d’admiration sort de toutes les gorges en même temps.

Le Docteur est vraiment un Grand Dieu qui sait faire grossir un cheveu comme il veut.

Pierrot et sa bande s’amusent de les voir, mais le principal c’est que la glace soit brisée et qu’ils aient tous compris que les enfants et le Docteur Melchior soient les bien venus et surtout en amis .

L’épisode du sang est  clos pour les uns comme pour les autres mais les petits Umagums pensent qu’ils ont vraiment des pouvoirs extraordinaires. Ils ont des doubles  pieds, des doubles yeux, des doubles cheveux, et ils ont une connaissance des  choses qu’ils n’ont pas.

Ils vont être amis et vont pouvoir partager leur savoir. Il se  fait tard, la nuit commence à tomber. Uma apporte de grands paniers pleins de fruits, énormes, juteux. Ils s’ en empiffrent jusqu’à plus soif. Avec ses filles, Uma part dans le fond de la caverne  préparer les litières pour dormir.

Pendant  ce temps  le docteur soigne les ampoules des  enfants, les coupures,  les égratignures, tout son petit monde doit être en forme pour le lendemain. Pour ce soir ils se partageront la litière. Umaguma et les  siens dormiront à même le sol. Ils en ont l’habitude. Le Docteur fait ranger leurs affaires le long de la paroi et ils  partent se coucher. Vaincus par la fatigue, ils s’endorment sans demander leur reste. Le Docteur Melchior les a rejoint, et doit lui aussi récupérer. Il se couche et s’endort  aussitôt veillé par le courageux Umaguma.

Le lendemain matin, tout le monde a récupéré. Dès qu’ils se lèvent, ils  s’aperçoivent que le soleil est déjà  haut dans le ciel. Umaguma et sa famille sont  allés  cueillir des fruits. Ils ont ramené de l’eau fraîche dans des peaux tannées. La table est mise. Dès qu’ils se lèvent, ils sont attendus par leurs camarades.

D’autorité ils se placent par tranches d’âges. Les quatre grand ensemble. Bec d’anguille, Tapioca, Pierrot et Feuille de chou. Tapioca s’apercevant que la goulue, qui doit avoir son âge, est délaissée,  l’appelle et lui fait une place à ses côtés .

Ce geste est apprécié par les uns et par les autres. De l’autre côté de la table, il y a Gros lard, Gros Sel , Saucisse , moule à gaufre, et la Peste qui elle préfèrerait être avec les grands. Gros  Lard a sorti sa fronde et Saucisse son canif. Il leur explique comment les utiliser.

Dès le déjeuner terminé, ils sortent dans la cour protégée  devant la caverne. Gros Lard ramasse  une pierre et s’en serre pour tirer sur des oiseaux. Avec le canif, ils découpent des branches.

Tapioca a tracé des carreaux par terre et elle  apprend a la goulue et à la peste à jouer à la marelle. Ces jeux nouveaux les  amusent  beaucoup et des éclats de rire  joyeux ponctuent la partie.

Plus loin, Bec d’anguille et Feuille de chou montrent à Pierrot et Saucisse comment grimper aux arbres ou se servir de lianes, pour aller d’un arbre à l’autre. Umaguma les envoie chercher de l’eau à la source. Ils partent en délégation, ce n’est plus une  corvée d’eau, c’est devenu un plaisir.

Ce matin de bonne heure, Umaguma est allée à la  chasse. Il a ramené de petits oiseaux, Uma les plume, les fait cuire pour le  repas de midi. Toutes les  corvées du matin  terminées, il est l’heure de passer à  table.

Tous se retrouvent dans la caverne. Le docteur s’assoit à coté d’Umaguma, les   enfants sont mélangés, ils ont échangé leurs vêtements, leurs casquettes, leurs lunettes. Si ce n’était la  couleur de la peau et les cheveux, on ne saurait plus qui est qui. Seuls les chaussures  ne peuvent être prêtées. Une question de pointure sans doute..

Le repas se déroule dans la joie, ce ne sont qu’éclats de rires. Le bonheur vit dans  cette maison. Le docteur observe tout ce monde et réfléchit en philosophe qu’il est.

On disait les hommes misogynes à cette époque.  Ont-ils l’intelligence pour l’être ?

Umaguma, frugal,  débute toujours les plats, c’est Uma qui le sert le premier, il mord dans les morceaux de viande, mange le plus cuit et tend à Uma ou a sa  fille le reste du morceau de viande pour qu’elle le termine. La femme fait part entière  dans la tribu,  elle y a son rôle et ses limites.

L’homme est fort et courageux, il va  à la chasse , se rend seul dans des contrées hostiles. Il représente la puissance et il est le Maître, le seigneur.

La femelle ne s’en offense pas, elle se sait inférieure en force. Elle s’occupe de taches plus simples, comme la cueillette, la culture,  elle fait et élève ses enfants. Son périmètre de vie  se limite à sa  caverne et l’espace protégé devant, c’est tout. Elle fabrique les vêtements  avec les peaux que son mari lui ramène de la chasse. Elle s’occupe de la nourriture et des premières cuissons.

C‘est elle qui fabrique les poteries de terre cuite qui servent de récipients. Elle ne sort jamais de sa caverne sans être accompagné de ses hommes. C’est sa seule  protection. Uma et ses filles ont été élevées de cette façon. C’est normal pour elles  de servir leurs hommes. Jamais elles ne commencent un plat ou un morceau de  viande,  mais par contre elles les terminent tous, elles ont bon appétit.

A contrario, Tapioca  a un  tout autre comportement avec les hommes, c’est plutôt le genre, je me sers la  première. Ils sont d’ailleurs très étonnés de la voir faire.  Autre temps, autres mœurs.

Vers la fin du repas, Umaguma « rote bruyamment en se levant , pour lui c’est une   chose normale, habituelle. Tapioca trouve ça dégueulasse. La première fois,  elle est très surprise, ses copains rigolent de bon cœur. Le docteur connaît cette  coutume, il la respecte, ce qui ne veut pas dire qu’il l’apprécie.

Les enfants sont aux anges. Ils ne se gênent pas pour faire la même  chose, au   grand dam de Tapioca qui les insulte à chaque fois.

Dès que les hommes sont sortis de table, Uma, les filles et Tapioca  ramassent les  os  rongés, dénudés et les  jettent dans l’ eau. C’est une bonne  chose pour les odeurs, bien assez nombreuses par cette chaleur.

Son travail ménager  terminé, Uma   entraîne  tous les enfants dans un terrain, derrière le rocher. Elle n’a plus   assez de récipients pour tout le monde. Elle doit en fabriquer au moins six autres.

Arrivé dans l’endroit choisi par  elle, elle creuse avec une spatule de  bois taillée en forme de pelle, autour de six gros trous ronds chacun de la  grosseur d’un grand bol. Le fond de ses trous est séché, comme cuit. Il servent à cuire de l’eau. On y verse de l’eau froide et on rajoute une pierre rougie dans des cendres rougies. La chaleur les a cuit en surface avec le temps.

Elle les retire donc de la terre. Avec ses  mains habiles, elle les façonne. Elle lisse l’extérieur avec la paume de sa main, avec ses doigts agiles. Elle imprime la forme qu’elle désire. Elle va vite et c’est  bien fait . Les enfants la regardent. Ils sont en admiration devant son travail, sa rapidité d’exécution et son talent.

Elle mouille chaque  bol pour en affiner la   finition. Son travail terminé, elle coupe des  petits morceaux de bois, des feuilles  séchées  et elle rempli chaque bol de ces détritus. Puis elle va chercher le docteur, et lui  demande d’allumer le feu.

Grâce à son briquet magique, il allume un morceau de bois  et enflamme chaque foyer qui se consume en braises toutes rouges. Quand il est bien pris, elle pose dessus un galet rond de la grosseur d’un bol.

Elle  recommence son opération dans chaque trou. Le feu se consume peu à peu. Il se transforme en cendres  chaudes , brûlantes  qui conserveront la chaleur et cuiront  la glaise tout au long de l’après midi et de la nuit.

Demain matin, les bols seront  prêts. Une fois terminé, elle se relève, remercie le Docteur Melchioret laisse partir les enfants  jouer avec leurs petits camarades.

Décidément dit Pierrot, nous allons de surprises en surprises. Tapioca en vrai reporter  a couru chercher  son appareil photo et n’a pas manqué de mitrailler  toute la fabrication des poteries. Le docteur s’en amuse beaucoup et les enfants encore plus .

Le Docteur Melchior :

- «  Heureusement  lui dit-il, que je suis un homme prévoyant et que j’ai toujours stock de  pellicules avec moi quand je voyage… »

Tapioca :

- « Merci, lui dit tapioca, vous êtes formidable. »

Le docteur, en amateur d’art, adore la photo. Ce hobby lui a été donné par les  frères lumière et il en est devenu fan. Depuis il a connu toutes les évolutions du système.  Il est très content de voir Béatrice faire de la photographie,  il a pour elle un faible depuis qu’elle lui a glissé un bisou de petite fille sur la joue. Celui là, il n’est pas prêt de l’oublier. Il le ressentira longtemps. »

Le Docteur  Melchior regarde Umaguma venir vers lui. Tapioca, Pierrot , moule à  gaufre, bec d’anguille et les autres partent jouer dans la cour Umaguma et le Docteur Melchior se rappellent leurs histoires d’autrefois.

Il ne regrette pas d’avoir  quitté sa tribu avec Uma. Ils ne s’entendait pas avec ses frères. Les anciens, son père, l’ont désavoué à leur  profit. Ils ont préféré aller vivre ailleurs, lui et sa compagne. Les  enfants sont  nés. Ils sont gentils et les aident beaucoup. Il leur apprend toutes les choses qu’il  connaît. Mais ils sont tumultueux. Ils aiment la chasse, mais aussi la bagarre. Ils devront se méfier, pour éviter que leurs jeux ne dégénèrent car ils ont le sang chaud.

Pour le moment ils s’entendent tous à merveille. Umaguma dit il au Docteur Melchior :

« Si nous allions leur montrer une famille d’ours ».

 Le docteur pense que c’est une bonne idée,  il appelle  les enfants et leur annonce  qu’ils partent tous en excursion.

Umaguma  organise la troupe. Il marchera  devant, le  docteur derrière. Entre eux suivront les tout petits d’abord, puis les autres. Les deux  grands fermeront la marche avec Uma. « Prenez chacun une sagaie. ».

Tous s’en saisissent en prenant soin d’en choisir une à leur taille, la troupe est bariolée. Pierrot est  habillé d’une peau de bête, la goulue porte le short et le  pull de tapioca, c’est tellement plus amusant comme ça. Ils avancent vite, passent par le haut de la colline et redescendent de l’autre côté.

Vers le bas de l’autre versant, ils arrivent sur un terrain vallonnés qui va  jusqu’à la rivière. Umaguma les fait  s’arrêter. Il les fait s’asseoir par terre et leur demande d’attendre en silence. Au bout d’une quinzaine de minutes, il leur  montre du doigt le fond du vallon. Ils penchent tous la tête pour mieux  voir.

Une masse brune avance en ses déhanchant, accompagné de trois ou quatre petits lui ressemblant, qui s’amusent comme des fous.

Tapioca :

« On dirait des ours bruns » dit elle

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