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Blog gastronomique recettes histoire de la cuisine. Les histoires, les gens, les recettes, les produits, photos et films. Découvrir, répondre aux questions et montrer la cuisine ou la vie d'ailleurs

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Des émotions bien dangereuses...................................Episode 24

 Saucisse :

- «  Des ours bruns, ça va pas, pourquoi pas des loups s’exclame t’il !!! »

A mesure qu’ils avancent, ils les voient mieux. Une maman et ses oursons sont  effectivement en promenade. Tapioca prend son appareil photo et les fixe sur la  pellicule pour l’éternité.

La maman est grosse, elle a un pelage brun et tire une  langue toute rose. Elle doit avoir soif. Elle surveille bien ses petits. Dès qu’ils  s’éloignent un peu, elle va les chercher et les ramène autour d’elle . Le male n’est  pas là,  c’est ce qui m’inquiète, il doit être à la chasse. Il faudra se méfier sur le  chemin du retour, on ne sait jamais  dit Umaguma au docteur.

Umaguma fait signe au docteur qu’il est temps de rentrer. Ils se retirent en silence, et repartent comme ils sont venus. Au retour, ils font très attention aux rencontres  indésirables. Mais tout se passe bien, ils reviennent sans encombre vers leur camp.

Dès le sommet de la colline dépassé, c’est en courant que les enfants regagnent le  campement. Ils font la course à travers les rochers. Les 500 mètres sont  parcourus en quelques minutes, mais à ce jeu là, les 5 petits Umagums sont déjà  arrivés, que Pierrot et les siens en sont encore à mi-parcours. Ils ne  sont pas de taille à lutter avec eux.

Quand ils arrivent, leurs petits copains les attendent  sur le haut d'un rocher, leur sagaie  à la main et font semblant de les embrocher. Ils sont  fiers d’avoir gagné la course..

Tapioca  prend la sienne et la met dans celle de Pierrot. Il lui serre la main en souriant à la manière de chez nous. Le geste amuse bec d’anguille qui recommence et c’est  lui qui serre sans cesse la  main de Pierrot. Il ne s’arrête plus. Les autres ne voulant pas être en reste,  serrent à leur tour  la main de leurs petits camarades et tout le monde rigole de  toutes leurs forces de ce nouveau jeu.

C’est dans cette ambiance qu’Umaguma, Melchior et Uma les trouve, c’est un climat de franche rigolade. On dirait qu’ils se connaissent depuis toujours.

A leur vue , ils se précipitent sur eux et recommencent leur jeu dans un éclat de  rire général. Mais la soirée est déjà avancée, Uma doit préparer à dîner pour tout le monde.

Elle quitte le groupe pour s’enfermer dans la caverne. Elle avance à petits pas, jusqu’au fond pour aller chercher du bois sec et raviver le feu. Elle prend un bûche, se  retourne et aperçoit devant elle, une énorme bête toute poilue, debout au fond de  la caverne en grognant.

Elle pousse un grand cri, laisse tomber sa bûche et recule jusqu’à la sortie le plus vite possible. La bête  s’avance, mais elle ne voit pas encore Uma, elle la sent, il fait trop sombre, mais elle est menaçante.

A son cri tout le monde se retourne, Umaguma se précipite à l’intérieur mais à  peine  a-t-il fait quelques pas qu’il aperçoit Uma sortant avec derrière elle un ours énorme qui s’avance en geignant.

Son  corps  déployé au-dessus de ses pattes arrières avoisine les trois mètres de hauteur. C’est un ours brun en quête de nourriture. Il s’est fait surprendre dans la caverne.

Il a certainement aussi peur qu’eux. Tout le monde est là immobile devant ce spectacle et retient son souffle. Si l’ours donne le moindre coup de pattes en avant  il va déchiqueter la pauvre Uma avec ses griffes noires  toutes ressorties. Le Docteur Melchior est à 10 pas, impuissant. Il pressent le danger. L’ours n’est pas un animal méchant, il n’attaque pas l’homme, sauf pour se défendre ou quand il a faim et c’est justement le cas . Là, il peut se révéler un véritable adversaire, rusé, puissant et incontrôlable c’est risqué.

L’ours s’avance toujours vers Uma, il est à un mètre à peine d’elle. Il va la lasserer au moindre coup de patte. Il doit penser qu’elle lui barre le passage. Sans plus réfléchir, le Docteur Melchior saisit son pistolet, l’arme et vise l’œil et tire.

La tête de l’ours explose dans la même seconde que la détonation, le sang gicle , ses pattes se dérobent  sous lui, il n’a rien du comprendre, rien sentir. Le coup de feu a éclaté comme un coup sec et l’écho le ramène quelques secondes plus tard  porté par l’air tiède de la nuit tombante.

L’ours s’effondre en silence, mort. La balle a fait mouche du premier coup. Heureusement, une simple blessure  aurait eu de graves conséquences. Uma se laisse tomber sur les genoux, elle n’y comprend  plus rien, elle a entendu un claquement sec  comme un coup de tonnerre, et la bête  s’est affaissée devant  elle.

La surprise passée, Umaguma est venu relever Uma, il est heureux  car elle n’a rien. Les enfants s’approchent de l’ours mort, pas trop prêt, mais ils ne sont pas fous, ils voient le sang couler de son oreille et de sa bouche.

Tapioca

- «  Ce n’était pas la peine d’aller les chercher aussi loin. Il fallait  les attendre ici. Umaguma explique au docteur que d’habitude, il met toujours des filets, quand il  quitte le camp. Aujourd’hui il a oublié. Son oubli aurait pu être tragique.

Dorénavant, il s’en souviendra. Il dit au docteur…

- « Ce doit être le mâle du couple de cet après-midi. Il est parti chasser, il savait  la  caverne habitée, il pensait y trouver de la nourriture. Attiré par les odeurs de  cuisine, il n’a vu personne, et s’est installé. Note retour l’a surpris. Il s’est trouvé pris au piège. Il voulait fuir, mais il y avait trop de monde. Il a pris peur et devenait méchant. »

- « Mais comment Melchior a t-il fait pour tuer l’animal qui était à six pas se demande t’il?

Ils ont  seulement aperçu de la fumée qui a traversé l’entrée de la caverne en laissant  derrière lui une odeur de  poudre brûlée. Troublés les Umagums, ne posent aucune question au Docteur Melchior qu’ils prennent pour un Dieu possédant des pouvoirs magiques et bien réels.

Ils se mettent tous autour de l’ours et le traînent dans un coin de la clairière. Il faut  le dépecer, récupérer la peau. Elle fera  des heureux cet hiver. Ils auront de la  viande pour  plusieurs  jours . Avec ces nouvelles bouches à nourrir, c’est une très bonne chose, Umaguma n’aura pas à aller chasser demain. Le couteau de Pierrot, celui du docteur et le canif de Saucisse font merveille. Bec d’anguille et Umaguma ont appris  à s’en servir.

La bête est dépecée, découpée, la viande est  rangée. En  moins de deux heures tout est terminé. « Il est près de neuf heures  du soir, dit le docteur  et nous n’avons pas dîné. Quelle journée !!! »

Mais le docteur a l’air triste. Il a abattu l’ours, C’était nécessaire, mais maintenant une maman et ses cinq  petits cherchent leur père et mari. Ils ne le reverront jamais. Quel gâchis. Les autres dans la caverne voient les choses différemment. Pendant qu’Umaguma et les  enfants rangent la viande, Uma prépare des grillades. Elle les  fait cuire sur des  pierres  chaudes. Une bonne odeur de viande grillée flotte dans la caverne. Tous sont  fatigués, le repas est ingurgité rapidement et ils vont tous se coucher. Gagnés par le sommeil, ils s’endorment  tous profondément .

Seul le  docteur n’arrive pas à   trouver le sommeil. Il est angoissé, il pense à son geste. Que pouvait-il faire ?  Le coup de feu résonne encore dans sa tête. Il n’est pas revenu et remonté le temps pour changer le cours de l’histoire. Il n’a pas le droit de tuer, même un animal. La magie de la mort de l’ours a  impressionné leurs  hôtes. Ils ont eu peur de l’ours mais également ont été surpris par la puissance divine du Docteur Melchior, mais n’ont pas osé lui en parler. Tuer un ours à 10 pas de lui, n’est pas  une chose commune dans ce monde préhistorique et seul un être divin, possédant la puissance divine, peut le faire. C’est ce que se disent de leur côté Umaguma et les siens en pensant au Docteur Melchior et ses cinq naufragés du ciel.

Le Docteur Melchior se promet de tout expliquer à Umaguma demain.

Le lendemain matin, Uma se lève de bonne heure, dès la levée du jour. Elle  sort de sa grotte pour vérifier la cuisson de ces bols. La braise s’est consumée, la cendre est presque froide. Avec une feuille de caoutchouc, elle les époussète. Elle souffle dessus avec sa bouche. Les cendres s’envolent. Elle admire son travail en véritable artiste qu’elle est.

Les six bols sont là, enserrés dans la glaise. Avec un morceau de bois effilé, elle découpe la terre autour et les ressort un à un. Puis avec sa main et ses doigts, elle les lisse pour affiner l’extérieur. Elle les regarde dans tous les sens pour inspecter une dernière fois son travail.  Avec précaution, elle les range les uns  dans les autres et les ramène sous son bras dans la caverne. Devant chacune des places des enfants de Melchior comme elle les considère, elle pose un bol, pour que chacun  ait le sien en se  réveillant.

Dès qu’ils sont levés, les enfants sont surpris d’avoir dormi si longtemps, c’est vrai, la journée d’hier fut forte en émotion et on aurait été fatigué à moins. Saucisse apparaît en se frottant les  yeux, les cheveux en bataille et la trace des feuilles imprégnées sur sa joue résultat d’une mauvaise position en dormant. Les autres suivent à quelques minutes d’intervalle. Pierrot cherche ses chaussures, Tapioca ses habits. Chacun déambule comme un automate en  attendant  d’être complètement  réveillé.

Le Docteur Melchior :

- « Eh bien , dit il, réveillez-vous. »

- « Ils ont du récupérer se dit Le Docteur, à cet âge, la fatigue n’a pas de prise sur l’organisme. »

- « Nous sommes fatigués, nous avons mal aux jambes. » disent gros lard et Tapioca, avec une voix enrouée, presque coincée.

Uma les observe du coin de l’œil, Umaguma travaille à l’extérieur, aidé par ses enfants, depuis le lever du jour.

Le docteur est assis, il vérifie ses calculs avec son ordinateur. Vous savez, il est presque midi, c’est l’heure de se mettre à table.

Chevaliers, l’avenir appartient qu’à ceux qui se lèvent tôt.

Pierrot :

- « A la maison, ma mère me réveille quand mon père part dit Pierrot, et j’entend toujours le réveil. A sept heures, l’usine sonne, nous savons  toujours l’heure qu’il est . »

Gros Sel y va de son petit mot :

- « Vous oubliez le carillon de Monsieur le Curé qui sonne tous les quarts d’heure même la  nuit. Ici, c’est le silence total. »

Saucisse :

- « J’ai faim, dit t’il. »

Le Docteur Melchior :

- « Le contraire me surprendrait. ».

 Uma apporte sur la table , une belle  corbeille de fruits frais qu’elle est allée cueillir pour les enfants.

Tapioca s’approche du panier, prend un fruit et va s’asseoir près de sa pierre . Elle  regarde autour d’elle et s’arrête surprise :

- « Regardez ! dit-elle. »

Les enfants ensemble :

- « Quoi ? « .

Tapioca :

- «  Regardez le travail d’Uléma, les bols, comme c’est gentil, ils sont pour nous ?  demande t-elle ? Oh ! Qu’ils sont bien réussis. »

Chacun se précipite, ils ont enfin compris qu’ils sont pour eux, ils ont chacun le leur. Uma les leur a  offert avec  gratitude. Ils regardent  le bol dans tous les sens et n’en reviennent pas. La peinture en moins, ils sont la réplique parfaite de ceux dans lesquels leur maman  leur sert le petit  déjeuner chaque matin. Tapioca se lève, s’approche  d’Uma et l’embrasse sur les  deux joues. Celle-ci se retire  apeurée. Les enfants rient.

Le docteur Melchior explique à Uma que c’est une coutume de chez nous pour remercier les amis quand on est heureux. Elle  comprend et se laisse cette fois embrasser sur les deux joues par les cinq  garnements. Toute  fière, elle veut elle aussi dire qu’elle est heureuse et elle se jette au cou du Docteur Melchior et l’embrasse. Il devient rouge de confusion et ne sait plus comment  s’en dépêtrer. Les enfants éclatent de rire.

Leurs fruits dans  les  mains ou dans la bouche, ils sortent  dire  bonjour à tout le monde.

Le Docteur Melchior :

- Je vous emmène à la source  pour  prendre un bain et vous laver, vous devez en avoir   besoin , dit le docteur.

Accompagné par Umaguma, Uma et tous les enfants la grande famille descend en s’amusant  comme des fous vers la  source. A la vitesse où ils vont, ils y arrivent en quelques minutes. Ils se déshabillent et prennent un bon  bain. Quand les enfants d’Umaguma découvrent le savon ils s’amusent de le voir glisser entre leurs doigts, de la mousse et de la bonne odeur qu’il dégage.

Tapioca leur apprend à se laver les cheveux. Ce ne sont que cris, ils s’arrosent copieusement. Seule la Peste ne veut pas être nettoyée. Tapioca et la Goulue la  prennent par les pieds et les mains et la jettent au milieu de l’eau. Toute trempée, elle crie, elle pleure mais elle ne trouve pas  ça désagréable du tout.

Umaguma et le Docteur Melchior arrivent en pleine guerre d’arrosage. Les enfants s’attrapent, se poussent, tombent, s’interpellent, sautent dans l’eau à pieds joints.

Mais l’heure  tourne, le docteur les fait sortir du bain. Ils se sèchent et regagnent leur camp. Il est l’heure de passer à table et de se sustenter. Chaque jour leur apporte leur lot de surprises et de découvertes. Quelle belle histoire ils vivent. Le  Docteur Melchior n’est pas déçu. Leur aventure  leur aura appris beaucoup de choses et ils ne seront pas prêts de l’oublier. C’était peut être ça la mission qui lui a été confiée par Dieu.

A la fin du repas, Uma  range un peu la caverne avec la Goulue, la Peste et Tapioca les aident. Bec d’anguille, Feuille de chou et Moule à Gaufre partent avec leur père  pour travailler.

Pierrot demande au  docteur de bien leur expliquer la période dans laquelle ils  sont. Le docteur les emmène dans un coin, devant la grotte et s’assoit par terre. Les enfants  l’imitent, Tapioca vient les rejoindre, son travail terminé. Il est 14 heures, le soleil est haut dans le ciel et le docteur  commence une bien belle  histoire : Celle de la naissance des hommes .

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