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Blog gastronomique recettes histoire de la cuisine. Les histoires, les gens, les recettes, les produits, photos et films. Découvrir, répondre aux questions et montrer la cuisine ou la vie d'ailleurs

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Les comparaisons difficiles des mondes

Le docteur est surpris, autre époque, même technique ? Umaguma montre  quelques centaines de mètres plus bas, en pointant son doigt, deux arbres éloignés de quelques centaines de mètres  plus bas. Ils sont très hauts, plein sud . Il explique qu’il a tendu un  grand filet , sur plus de 10 mètres de haut. Les oiseaux migrateurs en  recherchant la chaleur des vents du sud pour mieux être portés par l’air, s’engagent dans les courants chauds et viennent se prendre dans les mailles du  filet. Chaque soir il les redescend et ramasse  les petits oiseaux. Pour  mieux se  faire comprendre il imite leur cri et les appelle, ça fonctionne bien. Le docteur  l’écoute, les enfants aussi. Umaguma vient de marquer des points. Le docteur est  médusé de découvrir son intelligence pratique.
Umaguma fait signe au docteur de le suivre, il contourne la cabane, arrive dans  un champ labouré où poussent  pèle–mêle  du millet,  des arbres pleins de  fruits. Il y a deux pommiers sauvages, un poirier et une treille qui grimpe le long des  branchages. Le docteur est stupéfait de voir l’évolution de son ami. Umaguma est fière de son potager. Il rappelle au docteur qu’il est issu d’une tribu  vivant sur la montagne juste en face. Il en est parti depuis longtemps,  il n’était pas d’accord avec ses frères. Un vieux sage lui a enseigné toutes ces chose. De  temps en temps, il le voit et lui demande  conseil. Il lui a appris  à tresser les  filets. C ‘est de lui qu’il tient tout son savoir.
Umaguma cueille un peu de millet , le met dans le creux de la main de Melchior qui le porte à sa bouche, en apprécie le goût. Sa tête  oscille de haut en  bas. En connaisseur, il note son approbation. Le temps s’écoule, la soirée est  bien avancée, il est temps de rentrer à la caverne pour dîner. Une odeur de friture  flotte autour d’eux. Chouette du poisson ! dit Pierrot . On va se régaler. Sur le  foyer de pierre et de cendres rougies , à même le sol ,Uma  a préparé le dîner.
Une lance de bois est placée sur deux grosses pierres placées de chaque côté du feu.
De gros poissons traversés de part en part, le surplombent léchés par le haut des flammes dansantes. Ils grillent en dégageant une odeur que flatte les narines de la nombreuse famille.
C’est un barbecue ! Dit Saucisse en s’exclament ! !
Presque. Dit le docteur.
Quand ils sont cuits, Uma place devant chacun d’entre eux une pierre plate, creuse au milieu.
Elle prend la lance et avec un autre morceau de bois elle fait glisser un poisson sur chaque pierre. Elle l’arrose ensuite avec un bouillon de feuillage qui bouillonne à petit feu sur la cendre chaude. Umaguma saisit un pic de bois, il prend le poisson, le porte à sa bouche, et le dévore à belles dents. Chacun l’imite timidement d’abord, puis sans aucune retenue. C’est vrai qu’ils ont grand faim.
Gros lard : C’est bon, mais c’est plus pratique à table avec une fourchette.
Pour une fois que tu peux manger avec tes doigts profites-en. Dit Saucisse.
Tapioca : Moi, je préfère les fruits, mais j’ai très faim. Le docteur s’amuse de voir ses enfants découvrir la vie d’ici, et s’enrichir d’une aventure qu’ils n’oublieront jamais. Le repas terminé, ils vont dormir. Ils sont si fatigués que leurs yeux se ferment dès qu’ils sont allongés, et ils s’endorment très vite. La nuit sera bonne pense le docteur. Le docteur Melchior et Umaguma restent seuls et entreprennent un long tête à tête.
Le docteur explique à Umaguma qu’ils repartiront dans trois jours par la voie des airs. Il aura besoin de lui, pour réparer le ballon. Si Umaguma l’aide, il lui donnera son secret de feu et son appareil qui coupe. Umaguma réfléchit, il est fier et content de pouvoir rendre service à son vieil ami. Il décide de trottiner vers son village dès le lendemain matin pour demander de l’aide au vieux sage et à ses frères. Il fait comprendre au docteur qu’ils devront traverser la forêt près du marécage, ce sera dangereux, il y a des bêtes sauvages, énormes, carnivores plus particulièrement une famille de dinosaures. Elles ont mangé plus d’un être humain. Le voyage sera difficile, mais il emmènera tout le monde par sécurité. Le Docteur très satisfait, se lève pour rejoindre son lit de feuilles séchées, mais avant, il regarde les étoiles, et vérifie si ses calculs sont exacts. Il doit absolument retrouver son passage qui le fera revenir vers le XX siècle. Il se couche, et s’endort.
Le lendemain matin, tout le monde s’éveille de bonne heure et de bonne humeur. Après quelques fruits juste cueillis, engloutis rapidement, ils montent au sommet de la colline pour assister au lever du soleil.
Avant de partir, Umaguma ferme la cabane. Il tend ses filets avec beaucoup de précautions. Les enfants ont enfilé leur sac à dos, le maître aussi. Uma les avait placés devant l’entrée pour ne pas les oublier. Mais où allons-nous, pensent les enfants. Ils n’ont qu’à suivre le mouvement, ils verront bien. Il ne peuvent rien demander au docteur, il est déjà 200 mètres devant.
Le ciel est comme un incendie incandescent, pourpre rouge. Les couleurs semblent vouloir engloutir l’horizon. Une boule ocre, rouge, monte tout doucement vers le ciel, d’abord on devine ses contours, puis ils se précisent et le gros noyau passe enfin, tout entier l’horizon. Il lâche alors ses rayons puissants qui picorent doucement le visage de chacun. Puis la chaleur augmente au fur et à mesure qu’il grossit. Le regard ne peut presque  plus soutenir cette apparition. Le spectacle est grandiose et le Docteur Melchior l’apprécie. Mais il est temps de partir, la route sera longue. Il donne le signal du départ. Au lieu de redescendre vers la caverne, il suit Umaguma en disant. Allez en route, ne perdons pas de temps.
Où va t-on docteur ? Demande Pierrot.
Vous le verrez bien suivez-moi de près, ne vous écartez pas et surveillez les petits.
Les enfants comprennent mieux pourquoi Umaguma a refermé la grotte et mis en place ses filets de sécurité. Il n’a pas de chemin défini mais Umaguma semble connaître parfaitement la route. Sa femme marche à ses côtés. Elle porte sur son dos le plus petit de la tribu. Derrière, suivent le docteur et tous les enfants deux par deux. Les plus grands ferment la marche. Il fait beau et chaud. La colonne serpente à travers les arbres, les fougères. On entend dans le lointain le barrissement des bêtes sauvages. Au dessus de la forêt des rapaces tournent en vol glissé, circulaire planant au-dessus des têtes, cherchant leur proie. Un photographe aurait pu prendre une photo surréaliste pour fixer sur la pellicule ce que personne ne croira jamais. C’est ce que fait Tapioca, elle se met en arrière de la colonne, sort de sa poche son petit appareil photo et emprisonne en quelques secondes des images plus réalistes que n’importe quel témoignage. Umaguma atteint le petit bois. La tête verte des sapins oscillent au gré de vent. Il se retourne souvent pour vérifier que personne ne manque. Il compte son monde de son regard noir et pénétrant. IL semble satisfait toutefois, il leur demande de se rapprocher de lui.Il veut pouvoir intervenir très vite, sur toute attaque intempestive d’animaux mal intentionnés. Le docteur  fait tournoyer sa canne et Umaguma reprend sa marche  en avant. Il montre un arbre  de son doigt tendu…Par  gestes, il explique que des serpents très gros font la sieste,  se laissant caresser par les rayons du soleil montant. Leur corps froid se réchauffe  sous la chaleur, ils sont « benèze » les diables. L’arrivée d’intrus sous leur nez risque de les déranger, de les énerver. Une morsure de ces énormes bêtes à la mâchoire décrochable peut faire de graves  blessures, surtout sur des enfants. Avec son gourdin de  bois, il frappe le tronc des arbres. Nous voyons un énorme  serpent, invisible au premier abord, se détendre, son œil s’ouvre et une langue  fourchue apparaît. Umaguma s’est retirée à plusieurs pas, il le montre du doigt, la  bête énorme n’apprécie pas d’être dérangée, mais l’ennemi est trop loin pour  être attaqué, voir attrapé. Dommage  se dit-il dans son œil courroucé, la petite tête blonde m’aurait fait un délicieux repas…l’œil aux aguets, il repose sa tête sur la branche et resserre ses anneaux qui se confondent très vite avec la  couleur des branchages et du feuillage. Il est redevenu invisible. Même pour un œil averti il est désormais impossible de l’apercevoir. La troupe repart en prenant soin d’éviter  tous les arbres  dont les branches se  trouvent au niveau de leurs têtes. Ils arrivent près d’un grand trou où viennent  se désaltérer les animaux. Cette mare est alimentée par  un petit cours d’eau venant du ventre de la terre. A cette endroit l’eau est retenue  prisonnière en  nappes naturelles.
- Cette terre ressemble à celle utilisée par Uma pour faire ses poteries, dit le docteur.
En s’approchant, ils voient des oiseaux posés sur la tige de grosses fleurs, ressemblant à de gros nénuphars sauvages de chez nous. Ils piquent de leurs longs becs les verres vivant dans la vase. De  temps en temps  ils plongent la tête dans l’eau et la ressortent aussitôt en la secouant Le docteur arrête la troupe. En silence, il s’approche  d’un buisson  de ronces qui le cache de la mare.
- C’est quoi ces oiseaux ? dit Saucisse.
- Ce sont des cigognes , dit Tartine.
Elle n’en a jamais vu de sa vie, sauf celles  photographiées par sa cousine au cours d’un voyage en Alsace. Elle les a reçu la  veille de son départ, elle s’en souvient  très bien car elle fut surprise par le long bec des animaux.
Le docteur
Mais non, ce ne sont pas des cigognes, pas ici et pas par là, à cette époque.
Pierrot
- Mais ce sont quoi Docteur…ces oiseaux ?
Le Docteur
Je crois que  ce sont des hérons à la pêche. Le petit groupe s’approche en  curieux tout doucement. Il y en a un tout près à cinq  mètres, chuchote gros sel . Le  docteur pose le doigt sur sa bouche pour imposer le silence. On n’entend plus que  les  bruits de la forêt et pas très loin d’ici de formidables barrissements .
Le docteur observe les oiseaux, ils ont un cou très long, très droit, de couleur noire et vert foncé d’un ensemble parfit. Une  petite tête,  grosse comme une Agathe braillée laisse apparaître un œil vif, brillant, clair,  qui observe et semble tout  percevoir à la vitesse de la lumière. A peine, une ombre s’approche t-elle du fond de l’eau, qu’il plonge son long bec pointu et remonte de petits poissons qui  frétillent en travers de leur bec.
D’un coup de tête, il fait tourner le poisson entre ses deux pinces et  l’avale d’une  seule traite,  jusqu’au plus profond de son gosier.  L’estomac fera le reste. L’autre  à côté n’a pas  les mêmes goûts. Délaissant les vers et les poisons, il ne s’intéresse qu’aux portefaix. Ce sont de petites racines creuses remplis de  petits vers blancs. Ils deviendront plus tard des larves avant de se transformer en alevins, puis en poissons. Ces portefaix ont la particularité d’être très  nourrissant, de très bon goût et pleins de richesses en calcium qui fortifient les animaux. Les oiseaux  en font de véritables cures pour mieux se défendre dans  cette faune et cette flore hors du temps. Mais les hérons ont du sentir une  présence incongrue, car très vite après un signe d’inquiétude de l’un d’eux, ils s’envolent à tire d’aile vers un endroit plus tranquille. Avec ce  qui va suivre ils ont bien raison.
Umaguma regarde le docteur et son visage se rembrunit. Il se tape sur la  poitrine et dit au docteur qu’un  grand danger arrive. Jetant un coup d’œil aux  alentours, il  avise un groupe de rochers rapprochés un peu plus haut. Il demande au docteur  d’y conduire la petite troupe.
- Que se passe-t-il ? dit Gros Lard.
Tapioca
- Je ne vois personne.
- Le Docteur
- Silence et suivez-moi vite.
Le docteur ne comprend pas, mais il est sûr d’une chose, le changement  d’attitude totale et l’angoisse qui s’est peinte instantanément sur le visage d’Umaguma laisse présager le pire, il vaut mieux l’écouter et se retrancher sans  attendre. Après  il sera toujours temps de voir. Umaguma a collé au sol son oreille  et  avec sa main  gauche il montre une, puis deux directions. Il est en  train d’écouter des bruits qui viennent de l’autre côté de l’étang. Il devine que les  arrivants ne sont qu’à quelques centaines de mètres d’ici. Ils viennent dans  notre direction, sans doute pour se désaltérer. Mais il a reconnu la démarche  pataude, et lourde des dinosaures. Il en compte plusieurs. Ils arrivent de deux  endroits différents. Les familles dinosaures ne se séparent jamais. Il y a  au moins deux familles . Elles ne s’aiment pas entre elles . Si ce ne sont que des  femelles et leur petits, tout se passera très bien. Mais si ce sont, un couple  et leurs petits d’un côté et un male de l’autre, les choses risquent de dégénérer et une grosse bagarre n’est pas à exclure voir inévitable.
Le docteur a imité le geste d’Umaguma . Il comprend  tout de suite le  danger, Uma et ses enfants  font de même. Ils reconnaissent tous  le pas des mastodontes .
Le téléphone préhistorique fonctionne bien et sans coupure. Quant à nos cinq  naufragés, ils ont bien collé leurs oreilles par terre pour faire comme tout le  monde ils ne distinguent rien, sauf le bruit sourd d’un train qui arrive mais ils n’ont vu ni gare, ni rails , ni wagons…
Tapioca
- Vous cherchez des champignons ou vous avez perdu quelque chose ?
Pierrot
- Idiote, tais toi, tu ne sais pas ce que tu dis, écoute plutôt.
Tapioca
- Oh, toi, la ferme , je plaisante.
Pierrot
- Ce n’est pas le moment.
Le Docteur
- Chut, dit le docteur.
Umaguma regagne leur retraite derrière les rochers et il observe le paysage. L’arrivée des dinosaures n’inquiète pas que nos voyageurs, au fur et à mesure qu’ils se rapprochent, la nature change. Les oiseaux s’envolent , ils fuient la clairière et le silence se fait. Une chaleur moite s’installe. Une  ambiance bizarre gagne le groupe et une forte angoisse  nait  dans le cœur de  chacun. L’humeur badine et joyeuse qui les animait depuis ce matin s’est envolé comme pour leur rappeler qu’ils ne sont pas en week-end prolongé, mais qu’ils vivent une véritable aventure. Le moindre  dérapage et c’est le cours même  de l’histoire qui peut être changé. Observateur oui, acteur certainement pas. Le  docteur réfléchit. Doit il rester ici.
Il se doit de redoubler de prudence et de méfiance. Il en fait part à Umaguma . Ce dernier est d’accord avec lui. Celui-ci mesure d’un regard la situation géographique de l’endroit. Elle semble le rassurer.
Malgré tout, ils vont peut-être  devoir rester une heure, voire deux ou trois. Si le vent tourne, il portera immanquablement leurs  odeurs vers les dinosaures. Ils sont si friands de chair humaine qu’ils les  débusqueront et les chasseront ..à moins que …
Le docteur avait deux armes redoutables…Son briquet et son pistolet. Le feu impressionne tous les animaux, si  le vent tourne  il faudra vite allumer un feu de barrage pour se protéger. Il les contiendra loin  d’eux, peut être les fera  t-il  fuir..
Si cela ne suffit pas, le docteur n’aura plus qu’à se servir de son arme, bien viser le centre de l’œil du mâle, et l’abattre.
Surtout ne pas le  blesser et dès la première balle, le tuer. Blesser un animal est plus dangereux encore. Le docteur  sait tout cela , il en est bien conscient. Mais  il n’est pas venu  du bout  du temps pour tuer des bêtes, fussent-elles sauvages…surtout avec des armes d’un autre âge. La nature a tout prévu, tout organisé, tout, sauf le mélange des temps. Le docteur se devait d’intervenir que pour protéger son petit monde, mais en respectant se règles, pas en jouant avec la mort.. Hier, il a tué l’ours sous les hourra de tous, mais il l’a regretté aussitôt. Il a tiré sans réfléchir, par réflexe, comme l’aurait fait un chasseur de safari. Lui, le docteur Melchior n’en a pas le droit. Il a le pouvoir du temps, il est immortel. Il a au cours de sa longue vie subi d’autres situations autrement plus graves. Il  s’en est toujours tiré à son avantage. Il est là pour protéger la vie. Il ne doit en aucun cas la supprimer. La mort de l’ours  fut une erreur, elle ne doit pus se  reproduire. Depuis qu’il est sur terre il remplit une mission. Il conduit les légions humaines que Dieu a créé pour l’harmonisation du temps. Cette connaissance du passé, permettra de mieux découvrir l’avenir. Pendant toute  sa vie  il a lutté pour préserver celle des autres, et faire que chaque homme qui meurt transmette à ses descendants les meilleurs choses de lui même. La mission que Dieu nous confie, doit réussir, pour que la terre et l’humanité  continuent de vivre ensemble. 
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