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Le lendemain matin à 9h15, nos cinq aventuriers se retrouvent d’avant la grille. Le jardinier les attend.
- "Bonjour les enfants. C’est bien, vous êtes à l’heure. Le docteur va être content, depuis 5 heures ce matin, il est sur notre dos, il tient à ce que tout soit prêt. "
- " Bonjour Peter "dit Tapioca.
Ils ont tous un sac à dos, dans lequel ils ont enfermé toutes sortes de choses : bouteilles d’eau, pulls, imperméable, lunettes, jumelles, couteaux, canifs. Gros lard a mis une demie baguette , une tablette de chocolat et Tapioca quelques livres dont un d’histoire qu’elle a glissé dans son sac pour en parler avec le docteur pendant leur long voyage.
- "Vous voilà bien équipés " leur lance t-il, en voyant leurs sacs à dos gonflés à bloc.
- " Nous sommes prévoyants ", dit Pierrot.
Ils pénètrent dans le château. Les chiens sont là en remuant leur fouet de bonheur en reconnaissant les enfants, c'est plus marrant depuis qu'ils sont là se disent t'ils sans doute. Ils les attendent debout sur leurs pattes arrières , celles de devant sont posées à plus de 1.80 mètre du sol sur les barres du petit portail de l'entrée. Ils aboient par petits jappements. Les enfants sont leurs copains désormais. et veulent être les premiers à recevoir leurs mamours dès qu’ils pénétreront dans le parc.
Dès leur entrée, c’est la fête, à coup de langues, ils essaient de les lécher. Très vite Gros Lard et Gros Sel se retrouvent sur les fesses, dans l’herbe. Ils crient , ils rient, se relèvent et , bruyamment accompagnés par Peter et les chiens, ils marchent vers le château.
Au coude du chemin entre les deux cyprès élancés, ils découvrent un spectacle ahurissant. Au milieu du parc, s’élève tout droit, bien gonflé, un ballon énorme, jaune et bleu. Souvent ils l’ont vu passer en l’air , mais cette fois il est là, , majestueux, éclatant dans la lumière et le soleil droit comme un I . Ils se balance au grès du vent. Ses jupes sont descendues et la flamme bruyante d’un gros réchaud chauffe l’air qui pénètre dans la corole de toile bariolée.
La nacelle en osier tressée est retenue au sol par des cordes tendues. Elles sont aussi grosses que les mollets de Tapioca. Des sacs de sable sont accrochés à des esses métalliques sur tout le pourtour .
A mesure qu’ils s’approchent, leurs yeux s’écarquillent. Ils enjambent les cordages accrochés aux pieds des arbres. Ils sont à moins de trois mètres de la nacelle. Elle leur paraît immense. Un escabeau de bois est accroché à elle, il permet de se hisser à l’intérieur.
Le docteur est là lui aussi, donnant des ordres, secs, brefs, précis. Chacun fait son travail. Le docteur vérifie, la pression des manomètres placés sur un pupitre. Il règle son ordinateur de bord. Il a dans les mains une grande feuille sur laquelle il pointe des cases, c’est son check list. Comme dans une fourmilière, chacun s’affaire avec précision.
Le docteur se retourne et aperçoit les enfants.. »A mes petits ! », s’écrit-il, »vous êtes arrivés, je suis à vous dans un instant, je termine. Je n’en ai que pour quelques minutes.
Quelques minutes plus tard,
- "Voilà, j’ai terminé, Ah ! Tapioca, mais vous êtes chargés comme des bourricots.
Le docteur
- " Peter "
- "Oui Docteur"
- "Prenez les affaires des enfants et mettez-les dans la grande malle derrière la nacelle".
Aussitôt dit, aussitôt fait. Les cinq sacs disparaissent dans le fond d’une grande male en osier, posée et accrochée par des lanières de gros chanvre sur le plancher de la nacelle. Leur est ouvert. Tout est prêt.
Le docteur retourne sa feuille de route et coche les dernières cases. Le check list est plein, les vérifications sont terminées et le départ est imminent.
Il monte dans la nacelle, s’approche du pupitre, contrôle les dernières mesures…Celle du vent, de la pression, la température, il regarde le baromètre, tout lui semble parfait.
- " Tout va bien" dit-il.
- " Peter, Ralph embarquez tout le monde"
Allez en route, ces derniers empoignent les petits par les hanches et les hissent à l’intérieur du grand panier d’osier. Plus grand , Pierrot, Tapioca et Saucisse se glissent à l’intérieur en se servant de l’escabeau.
- "Asseyez-vous là et attachez vos ceintures" dit le docteur.
Ils font basculer les sièges, s’assoient et s’attachent avec de grosses ceintures qui claquent quand on les clipse.
- "Vous êtes bien installés".
- "Oui docteur" ! répondent-ils tous en cœur.
le Docteur vérifie une à une les ceintures de nos amis et satisfait se retourne vers Rlph et lui dit:
- "C'est nous pouvons partir à Bientôt"
-"Bon voyage Docteur, bon voyage les enfants" leur répond t'il en faisant un petit geste d'adieu de la main.
Peter s‘approche de la nacelle, décroche l’anneau de son étrier, pendant que ralph fait la même chose de son coté.
Le ballon, toujours attaché par deux autres gros cordages tangue un peu n'étant plus retenu et glisse sur le sol poussé par le vent mais ne peut encore s’envoler.
Ralph et Peter sont maintenant au pied des arbres et défont un à un les nœuds de marin et libèrent la corde. Elle glisse le long du tronc, comme un serpent autour d’une branche.
Le ballon s’élève, tout doucement pendant quelques secondes puis, rapidement nous sentons une petite accélération.
Le docteur tire une petite manete au-dessus de sa tête et augmente la puissance de chauffe, le bruit du brûleur augmente et le ballon s'élève cette fois nettemment du sol comme une fauille emportée vers le ciel par le vent chaud de l'été.
Les enfants sont médusés, ils ont les mains sur le rebord de la nacelle, le menton posé dessus, et ils observent ce départ que le plus rêveur d'entre-eux n'aurait jamais oser espérer. Un sentiment d'orgueil les envahit mais chacun ne peut se pencher de penser ne serait ce qu'un instant, si nos parents nous voyaient...Seule pragmatique comme toujours Tapioca prend quelques photos...
Chers fidèles, devant subir le 20/09/2006 une longue opération cette histoire va s'arrêter quelques jours, le temps de l'opération de mon lit d'hôpital, cette autobiographie de ma jeunesse qui devient à partir d"aujourd'hui un rêve que j'ai fait, mais raconte un monde qui lui a existé, même si les époques seront parfois aproximatives.