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Blog gastronomique recettes histoire de la cuisine. Les histoires, les gens, les recettes, les produits, photos et films. Découvrir, répondre aux questions et montrer la cuisine ou la vie d'ailleurs

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La grande drague

 Depuis qu’il est sur terre il remplit une mission. Il conduit les légions humaines que Dieu a créé pour l’harmonisation du temps. Cette connaissance du passé, permettra de mieux découvrir l’avenir. Pendant toute  sa vie  il a lutté pour préserver celle des autres, et faire que chaque homme qui meurt transmette à ses descendants les meilleurs choses de lui même. La mission que Dieu nous confie, doit réussir, pour que la terre et l’humanité  continuent de vivre ensemble. Ainsi le temps défile de génération en génération.  Jamais il n’a eu à se retourner sur son passé et encore moins à regretter ce qu’il a fait ou générer.

Là, il vient de faire un bon de 10000 ans en arrière. Il se rend compte que les  années lui ont fait perdre un peu de son bon sens. Il se fait la promesse de s’en  souvenir désormais.

Il est tiré de sa réflexion par Umaguma qui le frappe doucement sur l’épaule. Il lui montre un nuage de poussière qui monte par dessus les arbres droit devant  lui à quelques  centaines de mètres. Plus  à droite, mais beaucoup plus loin il en  aperçoit un autre. Les dinosaures sont bien là. Par sécurité, il vérifie son arme, la charge, et la remet dans sa poche.

Très vite, ils ramassent des branches tombées ou arrachées. Ils en font un tapis  en forme de couronne qui va de l’étang jusqu’au petit bois. En cas de besoins les  monstres seront contenus par le feu suffisamment longtemps pour qu’Umaguma et  les siens puissent s’échapper. Après il faudra improviser, les minutes de gagnées  seront précieuses. Il découpe quelques branchages verts. Ils s’en servent de toit  et de porte, pour mieux se camoufler. Les odeurs de feuilles fraîchement coupées cacheront les leurs.

Pierrot

- Heureusement  que Tapioca ne va pas à la messe aujourd’hui !

Tapioca

- Pourquoi ? répondit-elle.

Tapioca

- Car quand tu vas à la messe, tu te parfumes et tu empestes l’eau de Cologne à dix  pas.

Tapioca

- Ce n’est pas vrai se fâche t-elle.

Gros Sel

Sur que c’est vrai dit Gros Sel, ton frère m’a même dit que ta mère était obligée de  couper  l’eau de Cologne avec l’eau du robinet car tu te vidais toujours la bouteille sur la  tête.

Tapioca hausse les épaules .

- Menteur ! Mon frère et toi  vous êtes des menteurs .

Elle est devenue rouge comme une pivoine, son frère ne craint rien pour attendre…

Le Docteur

- Ca suffit ! dit le docteur. Silence, vous êtes malade ou quoi, ce n’est pas le  moment de vous disputer ou de faire du bruit et les enfants se taisent , honteux.

Leur travail terminé, Umaguma, Uma et ses fils viennent s’abriter avec les autres . Il monte sur la branche d’un arbre au-dessus de la cabane. De sa position dominante, il observe le terrain.

Des pas réguliers et lents raisonnent maintenant tout prêt. Le fracas des branches  éclatées sur le passage des  mastodontes, parvient jusqu’à leurs oreilles. De temps  en temps, ils entendent les petits qui courent derrière leurs parents. Leurs pas Précipités imitent le roulement d’un tambour. Ce petit monde avoisine les 50  tonnes, ils se dirigent tout droit vers la rivière pour y  faire trempette, s’y rafraîchir et s’amuser un peu. Ils arrivent sur tous les sites  en monstres dominants et ne laisse de la place à personne d’autres. De toute façon vu leur taille aucun n’animal de relèverait le défi. Tout leur est du. Avant ils se battaient parfois contre les mammouths, mais maintenant qu’ils se sont retirés dans des contrées plus hostiles, voire inaccessibles ils ont disparu. Quelques fois les hyènes s’en prennent aux plus petits, mais les femelles veillent. Seuls, leurs œufs sont la proie des rongeurs, des renards et de bien d’autres prédateurs. Dès qu’ils pondent, les dinosaures  les  cachent mais ils sont si gros qu’ils ont beaucoup de mal pour les faire  disparaître. Leur taille peut atteindre un mètre de haut et 40 cm de large. Derrière les rochers, angoissés, Umaguma , Melchior et leurs familles attendent  l’apparition des monstres.

Ce moment est aussi exaltant que celui passé par leurs parents quand ils  virent Aldrin et Armstrong faire leurs premiers pas sur la lune, encore qu’eux, ils le vécurent  devant la télévision…

Maintenant les monstres sont tout près. On entend leur souffle, il est aussi puissant que les raffales du vent pendant une tempête et entrecoupé de râles et de cris énormes qui résonne dans l’immense forêt du temp. Que va-t-il se passer s’ils se battent, s’ils sont découverts ? Les enfants se tiennent coi, aujourd’hui dans le langage de la jeunesse on dirait qu’ils sont scotchés, cloués mais passionnés par la suite imminente qu’ils attendent. Ils ont le regard concentré., Leurs petites mains les unes dans les autres, ou posées sur les genoux, d’autres les tordre dans tous les sens. Même les enfants  d’Umaguma sont  pris par l’attente insoutenable du spectacle imprévu, même si les sons de la forêt il y a longtemps qu’ils les entendent, mais jamais il ne furent aussi près de vivre ces moments en live. Ils voient  eux aussi leur premier dinosaure. Leurs parents  leur ont décrit la chose, mais ils ne se sont jamais aventuré si loin et si près à la fois. C’est leur  baptême du feu . La terre tremble sous le poids des mastodontes.

Les arbres s’affalent sur leur passage qui pulvérise la flore luxuriante et toute la faune dans une galopade échevelée qui a depuis longtemps fuit cette adversité. Les cris des petits qui sentent la fraîcheur de l’eau redoublent  d’intensité, ils savent qu’ils vont dans quelques minutes se vautrer dans l’eau claire et fraîche. Ensuite, leur maman les essuiera à coups de langue pendant que papa assurera la garde. Puis, ils feront la sieste sous le soleil avant de regagner leur  repaire.

Quelques fois, quand il a faim, le Mâle fait un petit tour pour se rasséréner et se  remplir la panse. La bande est arrivée tout prêt, à 50 mètres peut être. Ils  aperçoivent parfois à travers les feuillages comme une masse sombre qui se devine entre les feuillus. Les rayons du soleil, sont au zénith dans le ciel, ils traversent  la cime des arbres comme le ferait un  filtre. Nous les voyons en forme d’arc. Ils semblent  arroser la mare et la plage comme savent si bien le faire les  techniciens lumière lors des concerts de rock. Nous avons aussi notre musique. C’est  une percussion  lente, sourde, régulière, puissante, écrasante même. Soudain le spectacle éclate là, sous nos yeux, à peine à trente mètres comme les premières fusées d’un feu d’artifices. Le vieux mâle entre le premier dans la  clairière, il est énorme. Il soulève un mur de poussières et  de feuilles mortes, il déracine quelques arbres qu’il lance , disloqués en l’air  comme un rideau qui monte, un drôle de théâtre. Le rideau s’affale sur le côté, déchiqueté, le dinosaure regarde autour de lui, pousse un cri énorme, déchirant pour indiquer que le terrain est libre et sans danger. Les  bébés dinosaures  apparaissent en folie. Ils courent n’importe où. Ils se tapent  les uns contre les autres, flan contre flan, jouant au premier arrivé en tournant dans tous les sens autour du grand étang. Ils essaient de se faire tomber. On dirait deux  voitures en cascades poursuite, qui se rapprochent et se heurtent. Le plus petit  s’arrête  et se met sur ses deux pattes arrière. Il se dresse  très fier la tête haute comme pour montrer qu’il est déjà très fort et très grand. Il pousse un  vagissement énorme, qui fait passer un frisson d’effroi dans l’échine des  spectateurs impuissants. Puis il court au bord de l’eau,  et de sa longue et belle tête allongée, il sort une langue toute rose, et lape de grandes  gorgées d’eau claire. Il a grand soif, la course dans le bois lui a séché le gosier. Leur mère arrive sur leurs talons, elle ferme la marche beaucoup plus lentement sachant que ses progénitures sont sous l’œil de son mâle. La peur constante du danger, même s’ils sont rois de la terre est toujours réelle et permanente. Elle surveille constamment sa petite famille. Elle entre dans l’eau et va jusqu’au milieu de l’étang, bientôt rejointe par son  mâle, ils se laissent glisser dans l’eau et se retourne dans les flots uniquement remués par le poids des mastodontes malgré la profondeur de l’étang à cet endroit. Le mâle se roule dans les vagues, il  éclabousse sa femelle, elle s’est simplement assise sur son céans au fond de l’étang et tient dans sa  gueule, un énorme nénuphar qu’elle est allée chercher sur le bord  de la berge Ils poussent l’un et l’autre de petits cris de joie. Melchior observe les dinosaures. Lui-même ne se rappelle pas en avoir vu de si  près. Ils sont de couleur  kaki. Ils ont un cou de girafe, une toute petite tête qui contraste avec le corps énorme, aussi gros que celui d’un éléphant prolongé d’une longue queue de crocodile. Il y a dans cet animal du caïman, de l’éléphant, de la girafe mais la petitesse de la  tête ne peut en faire qu’un animal de très faible intelligence. Le mâle sort de  l’eau , il secoue son corps pour s’égoutter. Il regarde autour de lui pour s’assurer  que tout va bien et, nonchalamment il part vers la  forêt en quête de quelques  nourritures. La route et le bain lui ont  creusé l’estomac. Le terrain libre, les petits dinosaures se jettent à l’eau, et s’amusent comme des fous. Leur mère se fait copieusement arrosée.  Elle sort de l’eau pour profiter des rayons  chauds du soleil . Elle est là , couchée sur le côté, le cou remonté vers le ciel, elle  somnole, tout en jetant un œil discret sur son entourage.

Les chose de ce monde sont faites aujourd’hui pour se fixer sur une pellicule en souvenirs de moments exceptionnels, pour la mémoire comme un témoignage plus précis, plus réel, plus fantastique qui défiera le temps, relais de quelques paires d’yeux exorbités. Tapioca plus logique que tous en a profité pour marqué  sa mémoire artificielle d’un mitraillage de clics avec son instantané kodack. Les yeux des uns comme des autres, sortis de la tête, ne perdent rien d’un spectacle grandiose, unique, exceptionnel, qui s’offre à eux. Chacun retient son souffle, mais pas une  seconde  échappe à nos  voyeurs  bien cachés, ils en ont oublié la peur. Seule, Tapioca toujours Lucide a pensé a immortaliser sur son petit appareil des images d’un autre temps et dans  l’action personne n’entendit le clic de l’appareil.

Mais, l’arrivée d’un aventurier solitaire débouchant comme un promeneur égaré dans la clairière, fait remonter d’un cran l’intensité du moment, et plus encore  l’adrénaline.

« Qui va à la chasse perd sa place », devait-il se dire avant d’arriver. Il a dû  s’arrêter un peu plus loin et observer la scène de la baignade. Quand le vieux mâle a quitté la  clairière, il s’est risqué dans la place, l’air  dandy en quête d’une fortune  amoureuse. Il est beaucoup plus jeune, plus vigoureux et avoisine les 25 tonnes et les  15/20 mètres de long.

Il s’approche de la femelle, s’arrête  à  quelques dizaines de mètres d’elle en  poussant de petits cris comme pour la séduire. Il entreprend autour d’elle une  série de ronds de jambes, comme le font certains animaux quand ils veulent  étonner leurs belles .

A chaque tour, le cercle se resserre. Il exécute un pas de danse pataud pas  très loin du  sirtaki, danse grecque des années 60. Son long cou effleure parfois  le corps de la femelle qui ne dit mot, mais laisse faire. Qui ne dit rien  consent. Les femelles aime être courtisées, séduites c’est bien connu. Elles n’aiment pas non plus être délaissées par leur mâle surtout quand elles sont en famille. Même pour une petite faim. C’est sans aucun doute ce quelle devait se dire dans ce moment de solitude et de prélassement. Elle semble assez satisfaite de cette rencontre fortuite. Elle aime  être coursée, admirée .  Ce flirt avec ce cousin plus jeune n’est pas pour lui déplaire.

En se dépêchant peut être pourront-ils copuler ensemble, doit elle se dire. Le jeune  mâle semble plein de vigueur. Le sien est un peu vieux mais si jamais il revient trop  tôt, malheur à l’un ou à l’autre. Mais ici c’est la loi, qui va à la chasse perd sa place…

Il y aura une grosse bagarre. La loi restera au plus fort. Si le sien est battu ou tué, tans pis pour lui ? Elle sera mieux protégée par un plus jeune, plein de force  et de santé.

 Ce dernier se sentant encouragé, pousse quelques cris maladroits qui ne doivent pas manquer d’alerter son alter ego. Pendant ce temps, les bébés  dinosaures  se sont arrêter de jouer. Que vient faire cet intrus qui tourne autour de leur  mère. Ils sortent de l’eau et courrent se réfugier de l’autre côté de la mare. Si leur père revient , il sera en colère. Il va le chasser de leur environnement  familial. Une fois déjà, ils ont assisté à une scène identique .

Leur père arrivé à l’improviste s’était battu. Il avait mordu son adversaire et l’autre s’était enfui, blessé, dans un concert symphonique non orchestré de cris de  douleurs et de sang. Ils avaient eu très peur, mais depuis gardent une très  grande fierté pour leur géniteur. La famille voit les choses un peu autrement . Dans la loi de la jungle ou de la forêt il faut être fort, la moindre défaillance se  paie très cher, c’est le rôle du mâle  et le mâle le sait.

L’autre, malgré sa petite tête n’est pas quand même pas complètement idiot, il a du vécu et de l’expérience. Dès qu’il entend les cris, il connaît de son de ses petits et de sa femelle , ils ne leur ressemblent pas, donc ils viennent de quelqu’un d’autre et lui connaît, sait la loi de la jungle. Il comprend que quelque chose d’anormal se passe. Il fait aussitôt demi-tour, très rapidement. Il regagne en quelques minutes par le ruisseau, qu’il arpente jusqu’à l’étang. L’autre tout épris de sa danse amoureuse, ni ne le voit, ni ne l’entend arriver. Le vieux dinosaure se jette sur lui de ses 30 tonnes de viande dans un fracas assourdissant. Avec sa gueule  ouverte, il mord de toutes ses forces le haut  de son cou. Sous son poids, le jeune mâle est plaqué au sol, couché, les quatre fers en l’air. En piteuse posture, le  dragueur est à moitié groggy par le poids qu’il a sur lui. Il sent de profonds crocs qui lui déchirent la base du cou. Il doit  réagir sinon il ne sera pas longtemps en état de combattre, il y va de sa vie. Le vieux mâle sait que la surprise lui a donné un sérieux  avantage, mais son adversaire semble plus jeune, très fort, s’il le lâche, il aura beaucoup de mal à  en venir  à bout. Il doit l’épuiser encore. Le sang qui gicle a inondé les deux mâles et la terre ou ils se battent. Il redouble de violence en resserrant ses  mâchoires. Un cri énorme, lugubre, retentit. La terre tremble force 7, comme  pour un ouragan ou pour un tremblement de terre. Les queues frappent avec violence le sol et le laboure comme l’aurait fait une bombe pendant la dernière guerre. Tout s’arrache sous eux, les  arbres plient comme des fougères, c’est la guerre. Le sang du jeune mâle gicle de  tous les côtés et une grosse tache rouge s’étend petit à petit sur le sol. La femelle s’est retirée auprès de ses petits pour les protéger. Elle les a caché derrière elle . Elle est fière  de son vieux mâle. Il tient encore la route, elle a fait le bon  choix. S’il est battu, ce sera un seigneur, et son vainqueur sera grand.  

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