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C’est un cyclone d’été. Le ballon est pris dans une grande cheminée aux parois lisses, faite de puissants courants d’air chaud et froid qui se neutralisent. Ils sont infranchissables avec un ballon. Il faudrait un avion pour les traverser, toujours secoué il continue de tourner sur lui-même incontrôlable.
Les enfants, livides, blêmes, sont ficelés au siège et attendent la fin du déluge. Le docteur tente désespérément une manœuvre de survie. Il rallume le brûleur en appuyant sur un bouton et engage le ballon sur l’épicentre. A mesure qu’il s’en approche, la tempête se calme, et li retrouve son assise, tout autour le cyclone fait rage. Le ballon est à nouveau droit. Le docteur vérifie en quelques secondes les suspentes, les accroches de la nacelle, la toile et ses instruments. Heureusement, juste refait à neuf, rien n’a souffert. Profitant de l’accalmie, le docteur éteint les flammes et ouvre les vannes de sécurité, le ballon redescend tout droit dans la cheminée d’air chaud et froid, de 8000 pieds il passe à 5300 pieds, et descend toujours. A 5000 pieds, il entrevoit une ouverture, une longue cheminée semble se dégager sur la droite. Le docteur stoppe le descente en rallumant le brûleur. Le ballon ralenti, puis se stabilise. Il l’engage dans cette ouverture. C’est calme, trop calme. . Petit à petit le ballon s’accélère vers un coin de soleil étoilé, tout là haut, c’est une fenêtre vers l’infini, mais en quelques secondes nous sommes aspirés à une vitesse vertigineuse, dans une nuit d’encre où plus personne ne se voit. Les enfants crient.
Docteur, papa, maman, … au secours ! ! !
Le docteur appuie sur un bouton. Les veilleuses s’allument, il voit le visage tétanisé des enfants dans la pénombre, et il sait qu’il ne peut rien faire. Les enfants aperçoivent les parois de la cheminée qui défilent en s’écartant comme un entonnoir, le ballon ralentit et débouche dans un océan de calme sous une voûte étoilée. Le contraste est saisissant.
Mais il fait nuit, dit Gros sel.
Le ballon flotte à nouveau suspendu dans l’air. Nous sommes comme des naufragés sur un navire perdu, après la tempête. Toutes les aiguilles du computeur se sont affolées, plus aucun recul n’est possible. Le docteur est désolé, il ne comprend pus rien.
C’est une nuit chaude, les étoiles brillent par milliers dans le ciel et la lune, tout sourire nous regarde, béante, béante. Pourtant, ce sourire n’est pas le fait du hasard. Le docteur a reconnu l’esquisse moqueuse, narquoise de Lucifer son ennemi mortel, fier du vilain tour qu’il venait de lui jouer.
Le docteur vérifie le ciel, l’étoile polaire, la grande ours, Bérénice, la petit ours, la voie lactée.
Ouf, d’après la position des étoiles, nous n’avons pas beaucoup dérivé. Deux choses le chagrine toute fois, pourquoi la nuit ? Et à sa montre, il n’est que… Il regarde son poignet, mais elle a aussi battu la chamade. L’aiguille a tourné si vite, qu’elle gît, au fond du boîtier. Dans sa tête, il sait bien qu’ils sont parti depuis une heure à peine, il doit être 11 heures 30, le soleil devrait être bien haut dans le ciel. Une autre chose l’ennuie, il voit la terre à 1000 pieds, la foret est en dessous d’eux. Il ne voit aucune lumière à des lieux à la ronde. Il a souvent volé de nuit avec son ballon, jamais une seule fois les lumières sont restées invisibles, surtout à cette hauteur.
Non, il y a un problème, tout ceci n’est pas normal, pense t-il.
Les enfants ne parlent pas. Ils ont eu si peur, qu’ils sont transis et angoissés par la nuit subite.
Ca va les enfants ? Dit le docteur.
Oui, mais où sommes-nous ? Pourquoi c’est la nuit ?
Ce n’est rien, nous allons nous poser, vérifier le ballon et repartir bien vite. Mes appareils sont tombés en panne. Je dois tous les remettre en état très vite. Je n’en aurais pas pour bien longtemps.
Oui, posons-nous. Dit Saucisse. J’ai envie de faire pipi.
Moi aussi, dit Gros lard.
Le docteur aperçoit une grande clairière, entourée de grand arbres. Il dirige dessus l’intemporel. Arrivés à dix mètres du sol, il saisit ses jumelles de nuit et vérifie l’état du sol.
C’est bon, dit-il, je me pose.
La nacelle se pose sur le sol en douceur. Elle glisse sur quelques mètres poussée par le vent. Il dit à Pierrot : Saute par-dessus bord et court accrocher le ballon aux quatre arbres qui sont là-bas. Serre bien les cordes.
Pierrot bondit sur le sol, attache le ballon aux endroit indiqués par le docteur. Il revient chercher la seconde corde, puis la troisième, puis la quatrième. La nacelle est immobilisée.
Le docteur dégonfle le ballon qui s’affaisse peu à peu, puis il saute sur le sol, et avec une masse accrochée à l’extérieur, il enfonce quatre gros piquets d’acier qui la fixe définitivement au plancher des vaches. Il vérifie les nœuds de Pierrot et les consolide.
Regarde, dit-il, je fais des nœuds de marin. Voilà notre vaisseau est arrimé à la terre, il ne repartira pas sans-nous. Nous sommes sûr de ne plus nous envoler. Comme je ne sais pas où nous sommes, attendons le jour. Nous allons nous reposer un peu. Ils réintègrent la nacelle. Tous en profite pur effectuer leur besoins. Le docteur referme les sécurités, et descend la toile de protection. Le ballon est maintenant dégonflé et il gît sur le sol affalé de toute la surface de sa toile.
Fatigués les enfants s’allongent sur le plancher, sur de grandes couvertures de laine. Très vite,, ils s’endorment. Le docteur réfléchit longuement. Mais où est-il ? Pourquoi ce silence ? Il n’est plus sur encore d’être au vingtième siècle. Cette nuit lui rappelle celles qu’il a connu autrefois, il y a de longues années. Un e autre chose le tracasse : pourquoi le ballon une fois à terre, s’est-il dégonflé aussi vite ? Il faut une heure en temps normal. La toile a du se percer à l’atterrissage. Il a pourtant vérifié le sol avant de se poser. Mais, c’est la nuit, on ne voit pas tout dans le noir. Vaincu par la fatigue, le sommeil le gagne, et il s’endort.
Le lendemain matin, il se réveille aux premiers bruits de la forêt. Il lève la toile rabattue et observe tout autour de lui. Il va doucement pour ne pas réveiller les enfants qui dorment encore à poings fermés. D’énormes conifères l’entourent. Les rayons du soleil transpercent leurs cimes et dessinent des ombres sur les autres arbres. Il fait encore frais. Le ciel est bleu, d'un azur immaculé.
Des rapaces énormes toutes ailes déployées tournent en silence tout là haut. Des cris geignent dans le lointain. Bizarre, se dit-il, on se croirait au zoo. La flore est luxuriante, des plantes, sorte de caoutchouc sauvage, voisinent avec des fougères de rêve. Il y a bien longtemps qu’il n’en a vu de si belles.
Mais où sommes-nous donc tombés ? D’après les étoiles, pas très loin. Quelle heure est-il ? Zut ! se dit-il, c’est vrai, elle est cassée puis la regardant à nouveau, il s’arrête net.
Ca alors, se dit-il…
Le docteur a une très jolie montre moderne. Elle marque le jour, l’heure, l’année, les secondes, elle fait chronomètre etc.… Au lieu de 1994, le chiffre 7353 est inscrit. Non, c’est impossible. Avancer de 5000 ans en deux heures, ça ne tient pas debout. Il y a une explication… Mais il ne comprend pas… Un à un, il vérifie les computeurs. Il les remet à zéro, pour vérifier son parcours.
Dès qu’il les remet, les bases normales de calcul, c’est à dire, le jour, l’heure à laquelle ils sont partis avec la point de latitude et de longitude du château, les cadrans s’affolent et les aiguilles repartent en arrière, les calculateurs aussi. Ils ne s’arrêtent qu’après avoir louvoyé dans le temps.
Seule la position de l’intemporel est indiquée juste comme le docteur le pense ils ne sont pas très loin de ce qu’il croit. Devant ce phénomène surprenant le docteur refait tous ces calculs hors date. Très vite il a la surprise de se rendre compte que son ordinateur de bord fonctionne parfaitement. Il fait même ressortir la bande du chemin parcouru. Il rebranche le temps et effectue la même opération au ralenti. L’opération débute normalement, il revoit le départ, le survol de la campagne, un petit trait fin souligne sur la bande le chemin parcouru.
Soudain, il remarque une accélération, et la bande s’arrête. Elle redémarre dans l’autre sens, en faisant des hiéroglyphes sur la bande. La feuille est bariolée de grand traits en zigzag. Très vite, il n’y a plus de papier, mais sur le cadran de l’ordinateur, le compte à rebours continue, incompréhensible. 1900, 1800, 1500, 100, les chiffres ne sont plus visibles, ils s’avalent les uns les autres puis le déroulement se ralentit 5000, 6000, 6500, 7000, 7300, 7350, 7351, 7352, 7353. Le chiffre s’arrête sur 7353.
Il décide de s’en servir de base. Il refait les calculs en repartant de l’année 7353. Surprise ! Les ordinateurs redémarrent normalement. Il les remet en route un par un sans aucun problème, Les reprogramme au lieu de repartir en arrière comme tout à l’heure, restent calmes et annoncent sur le cadran l’année 7353 non programmée sur le disque dur, passer en fonction manuelle. Mais se dit il les chiffres sont en rouges donc ils sont en négatifs. Son ordinateur de bord indique en réalité - 7353....et là d'un seul coup tout s'éclaire, par un phénomène qu'il n' a pas compris ils en réalité remonté le temps et ont attéri en pleine nuit d'été de 7353 et c'est pour ça que la nuit était si chaude et douce.
Il donne quelques nouveaux ordres aux machines, l’ordinateur répond parfaitement. Le docteur lui demande de ressortir le programme parcouru dans les dernières 24 heures. En quelques secondes, il lui imprime la route suivie par l’Intemporel depuis le départ. Le docteur est abasourdi… il reste sans voix. Mais comment est-ce possible ? et pourtant la preuve est sous ces yeux ! !
Quand ils ont été pris dans le cyclone, le Docteur Melchior a conduit l’Intemporel au centre de la turbulence. Tous les marins savent cela. Il règne toujours un grand calme dans l’œil d’un cyclone. Il dure une heure ou deux. Il en a profité pour redescendre.. Arrivé à 1000 pieds, il s’est engagé dans une fenêtre en pensant se dégager.
Erreur grossière, en y pénétrant, ils sssont rentrés sur un chemin qui les a aspiré à la vitesse de la lumière et en quelques minutes ils ont traversés les époques du temps jusqu'au plus profond de la préhistoire. Ils sont arrivés en –7353, d’après les ordinateurs de bord.
Le Docteur Melchior s'explique mieux maintenant le silence, le noir, les lumières toutes disparues, à cette époque, elles n'existaient pas. Comment va-il expliquer ça aux enfants? Il doit prend son temps et analyser toute la situation. Sans perdre son sang froid, il pianote et demande l’ordinateur de lui indiquer la position de la fenêtre du temps. Très vite, l’ordinateur la retrouve et la situe par rapport à leur position. Le docteur la place sur la carte et trace son futur chemin. Il se rend compte qu’elle repassera dans 6 jours juste au dessus de leur tête, à 2300 pieds.
Le Docteur Melchior dans le silence de sa tête:
-" Ce que nous avons fait dans un sens, nous le referons dans l’autre se dit-il. Mais comment je vais tenir 6 jours, 6 nuits avec 5 enfants, dans un monde inconnu, hostile, dangereux, sans aucune aide ?
Il réalise d’autres calculs et s’aperçoit que la valeur du temps est différente selon les époques et qu’en réalité 6 jours ici représentent au 20 éme siècle moins de deux heures.
Le Docteur Melchior:
-" Tant mieux ! Personne ne s'apercevra de leur disparition...C'est au moins ça se dit il. Que vais je faire en attendant ? Comment m’organiser ? comment les nourrir."
Il demande à son ordinateur portable de lui sortir la carte de la région. Il lui redonne sa position et en quelques secondes le Docteur a une vision d’ensemble sur un carré de 10 km de côté. Il reconnaît les montagnes, les cours d’eau, les rivières, les forêts et cherche dans sa mémoire. Il retrouve vite le sourire. Autrefois ici, dans les grottes autour de ces montagnes vivait Umaguma et la tribu des umagums.
Il l’a bien connu. Il va aller lui demander du secours, pourvu qu’il le reconnaiss. Si ils ont remonté le temps, la derniére rencontre entre eux c'était hier donc il ne devrait pas y avoir de problèmes. Hier dans sa tête n'étant qu'une expressin pour dire peu de temps bien entendu.
Il est temps pour lui se dit il de préparer le réveil des enfants et de penser à ce qu'il va leur dire.
A suivre.