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Blog gastronomique recettes histoire de la cuisine. Les histoires, les gens, les recettes, les produits, photos et films. Découvrir, répondre aux questions et montrer la cuisine ou la vie d'ailleurs

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Reprendre ses marques

 Il ne reste plus qu’à attendre. Les enfants d’Umaguma s’assoient autour de la cabane, assis sur leurs jambes croisées et taillent des javelots de bois dans des branches effeuillées. Gros sel et Pierrot leur ont prêté leur couteau et Gros lard son canif. Uma finit de ranger les larges feuilles de caoutchouc pour que l’orage qui se prépare ne mouille pas les branchages. Toutes les cinq minutes, elle plaque son oreille sur le sol pour se rassurer. Elle regarde ensuite le docteur, pour se décharger d’un fardeau de surveillance bien lourd à porter. Pourtant il n’y a plus aucun danger.

Elle remonte un peu plus haut, là où il se sont cachés tout à l’heure pour finaliser la cabane d’Umaguma pour que chacun soit à l’abri pendant l’orage. Les débris de bois et de feuilles sont une aubaine il n’y a plus qu’à les ramasser, la cabane sera grande, solide et tous pourront se protéger. En L’absence de son homme , c’et elle qui prend la responsabilité du groupe et elle doit en assurer la sécurité et le confort. Ses petits vont l’aider et chacun sait ce qu’il doit faire. L’orage gronde et les premiers éclairs sont aperçus au loin. Elle doit donc se dépêcher avec les enfants, l’orage les aura rejoint dans peu de temps.

Le docteur réunit son petit monde. Il les fait asseoir autour de lui et leur dit :

Il est temps que je vous explique tout. Umaguma va revenir avec ses amis, il sera fier et admiré. Il en profitera pour demander de l’aide pour nous. Demain nous réparerons l’Intemporel. Il n’est pas loin d’ici, dans deux jours nous profiterons de la position des étoiles pour repartir chez nous. Il avait à peine commencé à parler que l’orage éclate là tout près. D’abord un grand éclair zèbre le ciel de haut en bas. Il semble sortir de la terre pour rejoindre l’azur dans une ligne brisée, incandescente. Il éclaire de toute sa puissance lumineuse les nuages noirs, violets, accumulés les uns contre les autres encore tout au fond du ciel. On dirait l’arrière d’un troupeau de  moutons rentrant dans une bergerie par la seule porte pourtant étroite. Un bruit sourd roulant, nous parvient quelques secondes plus tard. Il ne pleut pas encore. Mais à la vitesse d’un cheval au galop tirant une immense bâche noire derrière lui, le ciel se referme tout entier. Un arc en ciel se découpe sur l’horizon dans une magnifique auréole multicolore comme pour indiquer que là-bas, il a lavé les sols, purifié les airs et signe la fin de son tintamarre assourdissant, arrosé par cet arc magique marque ou signature née avec le temps qui l’accompagne à chaque fois ou presque en signe d’un au revoir de couleurs, contraste saisissant en opposition des noirs nuages qui déversèrent sur leur passage des tonnes de pluie serrée et dru inondant les vertes contrée jaunies par un soleil tenace et harassant.. Les éclairs redoublent d’intensité. Nous assistons à un pilonnage du ciel qui se fend de part en part, il se déchire sur toute la hauteur de la voie céleste. On dirait qu’il va partir en lambeaux. Les éclairs crépitent de 1000 flashes instantanés, comme une mitraillette avant de s’enrayer. Il y a bien quelques pétards mouillés qui nous susurrent à l’oreille un chuintement désuet, presque aphone. Mais, dans la seconde qui suit un redoublement de la violence magique du ciel nous pétrifie. Un léger vent tourbillonnant fait voler les feuilles en l’ air et imprime sur l’eau des rizzées comme si elle tremblait de peur ou de froid. C’est la nature qui subit en permanence. Il y quelques heures un combat du siècle entre deux géants issus de cette même nature, enfants et démons destructeurs et le ciel qui nous protège mais qui aussi par moment engendre les colères des Dieux en des manifestations de lumières , de sons, d’eau et parfois de feu comme un immense théâtre de lumières et de couleurs  incontrôlables par l’homme mais qui après régénère une certaine douceur et fraîcheur de vivre loin d’être désagréable. Les roulements du tonnerre résonnent dans ce lointain. Ils montent jusqu’à nos oreilles meurtries et claquent dans la pénombre qui s’est installée. Puis les nuages honnis se déchirent, provoquant le serrage de nos cœurs blessés par la peur qui s’installe malgré nous ou par des flèches de lumière. Les nuages saignent de la pluie. Fine d’abord, les premières gouttes font monter de la terre une petite poussière invisible qui nous prend à la gorge et qui dégage une odeur de foin juste coupé. Chaque situation nouvelle éveille nos sens d’effets connus ou inconnus comme une découverte qui marque de toute façon chacun d’entre nous. On ne s’habitue pas à l’irréel. On le subit, on le partage mais on en a peur, nous n’avons aucun repère pour l’accepter, le comprendre et le dominer. Mais, très vite, les gouttes, perles du néant grossissent et viennent percuter le sol avec violence. Nous sommes tous réfugiés sous les feuilles de la cabane improvisée par Uma et ses enfants, nos imperméables sur la tête. La pluie redouble. Sur la mare chaque goutte qui touche l’eau, provoque une onde de choc qui s’éloigne en faisant de multiples petits ronds qui s’agrandissent au fil de l’eau. Un vent violent s’est levé, il couche la pluie en une ligne oblique. Des feuilles s’envolent en tourbillonnant. La cime des arbres est ballottée d’un côté sur l’autre. Plus loin, là bas une boule de feu s’abat sur un arbre qui s’écrase dans un fracas épouvantable. Quelques flammes jaillissent, mais la violence des trombes d’eau qui s’abattent sur la forêt les éteignent aussitôt.

Le docteur : Vous avez vu comment les incendies se font par ici, juste sous vos yeux.

Pierrot : Quel orage docteur, quelle violence, ils sont toujours aussi fort ?

Le docteur, ici, il y a tellement d’arbres qui emmagasinent des charges d’électricité que quand l’orage éclate il fait du bruit.

Tapioca : Mais c’est beau…J’ai encore pris des photos. Elle a changé de pellicule et en a mis une tout neuve. Avec tous ces évenments, elle ne va pas durer longtemps.

Le docteur : Ton métier est tout trouvé Béatrice, tu seras photographe.

Tapioca : Je voudrai bien, mais mes parents ne son pas d’accord. Ils veulent que je sois institutrice. Ils disent que photographe ce n’est pas sérieux.

Le tonnerre couvre leur voix, les enfants sont tétanisés, jamais ils n’ont vu un orage pareil. Seul Gros lard dit : Une fois, à la montagne, j’ai eu très peur. L’orage était si fort que le courant a été coupé. Toute la journée nous nous sommes éclairés avec des bougies. Il paraît que la foudre était tombée sur le transformateur. On s’est bien amusé, surtout la nuit tombée.

Le docteur regarde sa montre… Ca fait une bonne heure Qu’Umaguma tes parti, il ne va pas tarder à revenir, vivement la fin de la pluie.

Le vent cesse presque aussitôt, les nuages déchargés de la douleur de l’eau semble remonter vers le ciel. Le soleil transperce à nouveau le coton moelleux des cumulus et des nimbus. Ils se sont déchirés en déversant des tonnes et des tonnes d’eau sur la terre. Un grand pan de ciel bleu réapparaît.

C’est fini, dit le docteur, le beau temps est revenu.

Pendant qu’il parle aux enfants, il a l’œil aux aguets, et l’oreille attentive… Il cessent comme surveillé. Il se sait toujours entouré du génie du mal et du génie du bien, l’un le guide, l’autre le déroute. Pourtant, depuis qu’ils sont ici, Lucifer ne s’est pas montré. Peut-être se sent-il mal à l’aise dans un monde encore plus féroce que lui. Son attention est attirée par une ombre. Elle semble monter et descendre des arbres. Ne voulant pas alerter inutilement son petit monde, il s’arrête de parler et demande aux enfants de rester là, de se tenir sage. Il sort rapidement de la cabane improvisée où se cachent les enfants. Le docteur réfléchit très vite. Il se pose tout de suite les questions les plus évidentes. Pourquoi est-il encore angoissé ? Tout à l’heure après le combat, tout allait bien. Même après le départ d’Umaguma, il n’avait pas le cœur serré.

Soudain, il comprend : quand l’orage a éclaté, le tonnerre grondait, fracassant, les éclairs zébraient le ciel comme une parure de lumière le jour de Noël. Une pluie dure et forte frappait le sol avec énergie, le creusant. Elle l’a raviné, parfois labouré.

En pente douce, l’eau s’est écoulée vers la mare, nettoyant le sol. Les taches de sang ont presque toutes disparues, la boue cache le reste. La rivière a reçu toutes les eaux qui ruissellent de la colline, l’étang est monté, l’eau arrive jusqu’au bord. De l’autre côté, elle s’écoule par le bras de la rivière. Il ne reste plus par ici que quelques tâches rougeâtres et des plantes écrasées. Les gros nénuphars ont disparus, volatilisés, mais tout repoussera très vite. L’orage s’en est allé, comme il est venu, le soleil réapparu, mais là, quelque chose n’a pas fonctionné. C’est ce silence qui a ameuté le docteur. Les oiseaux devraient piailler, gazouiller, s’envoler. Au contraire, ils se taisent. Ils sont immobiles cachés dans les feuillages. Pourquoi ? Le docteur ne s’en est pas rendu compte immédiatement, mais le vide l’a alerté. Pourquoi ? Il yen un danger, mais lequel ? Il analyse la situation, pense à un animal sauvage…c’est impossible il ferait du bruit. Peut-être une hein. Mais nous étions en plein jour. Les hyènes ne chassent que la nuit. Et si c’était des hommes. Oui, ce doit être des hommes qui, alertés par les cris des dinosaures se sont approchés et les observent. Ils sont arrivés pendant l’orage, et les espionnent. Ils doivent être plusieurs, mais ne se montrent pas. Ils peuvent par contre les attaquer, voir les blesser. Maintenant, il n’en doute plus. Des ennemis sont cachés par ici, ils les surveillent. Il doit réagir immédiatement, les provoquer ou les impressionner. Il se lève et va se placer devant la tête du dinosaure. Il la soulève et la rejète avec force. Il plante dans son cou un bâton pointu, puis il se dirige vers la queue. Il la soupèse, la prend dans ses bras, et la cloue sur le sol avec un second bâton. Ce manège n’a qu’un seul but : impressionner d’éventuels observateurs. Il veut montrer qu’il est le plus fort, qu’il ne craint personne. Les enfants le regardent, pourquoi cette mascarade ? Que se passet-il encore se demande t-il ? Uma a regroupé tout le monde autour d’elle inquiète.

Mais que fait-il ? Dit Gros sel.

Chut ! Dit Pierrot, le Docteur sait toujours ce qu’il fait.

C’est ce que pense le docteur. En se montrant près du cadavre du monstre, personne n’osera l’attaquer. Il doit gagner du temps, attendre le retour de la tribu des Umagums. Après, tous ensemble, ils aviseront. De toute façon ils doivent être peu nombreux, sinon, ils se seraient montrés dès la fin de l’orage pas surprise.

Le docteur comprend tout, mais il n’a rien vu. Alerté par les cris horribles des dinosaures, la tribu des Zonages habitant sur les hauteurs des collines surplombant la forêt, ont envoyés une dizaine de chasseurs et observateurs. Ceux-ci sont arrivés au moment où Umaguma et le vieux monsieur discutaient. Ils pensent que les deux hommes se sont battus avec le dinosaure et l’ont tué. Ils sont très forts, ils sont impressionnés. Ils les craignent eux et leur tribu bizarre. Ils sont d’ailleurs soulagés de voir Umaguma s’éloigner, mais n’osent pas s’en prendre au vieil homme. Il leur fait peur. Un dinosaure représente plus de 50 guerriers a lui tout seul. Mieux vaut ne pas prendre de risques. Deux chasseurs retourneront chercher de l’aide à la tribu, pendant que les autres surveilleront tout ce petit monde sans se montrer évidemment. Mais le docteur venait de tout comprendre il allait donc les impressionner. Les chasseurs Zonages pétrifiés n’osent même plus bouger, de peur d’être découverts. S’il a mis en pièce un dinosaure, ils ne pèseront pas bien lourd face à lui. Ils décident donc de battre en retraite et de rester en observateurs, sans être repérer on verra se disent t’il quand les autres vont revenir. 

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